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TRANSITION : « La pression de la CEDEAO et des politiques ne devrait pas nous conduire à un nouvel échec d’un régime politique civil »

Cette autre période de l’histoire de la République de Guinée nous revient pour une troisième fois.

La prise du pouvoir par l’armée a été favorablement accueillie par l’écrasante majorité du Peuple dont les manifestations de soutien au colonel Mamadi Doumbouya et à son équipe ont été spontanées. Manifestations de soutien parce que simplement les populations guinéennes se sentaient libérées une fois de plus d’un fardeau énorme principalement la privation de ses droits et de ses libertés.

Une fois la liberté retrouvée, les langues se délient et réclament d’autres droits dont une sortie rapide de la transition. Il est normal à chaque citoyen maintenant de s’exprimer librement et de réclamer davantage du CNRD. Il est également normal de souhaiter un retour rapide à l’État constitutionnel.

Mais s’est-on souvent posé la question de savoir pourquoi la Guinée est l’un des très rares pays africains à enregistrer trois transitions ? Ces transitions sont-elles dues à des hasards de l’histoire ou bien aux dérives autoritaires des régimes politiques ?

Il appartient à chaque guinéen d’apporter une réponse objective à ces questions.

La pression de la CEDEAO et de certaines formations politiques ne devrait pas nous conduire à un nouvel échec d’un régime politique civil.

Le retard accusé depuis 1984 est énorme et les guinéens aspirent à vivre dans un État de Droit où le peuple est désormais à l’abri des abus de pouvoir.

Aujourd’hui, force est de reconnaitre que l’ensemble des actes posés par le colonel Mamadi Doumbouya et le CNRD sont porteurs d’espoir. Le pouvoir militaire actuel veut qu’on finisse définitivement avec les transitions répétitives, les confiscations de nos droits et libertés, l’ethnocentrisme, et la gabegie financière.

Face à un lourd héritage, on ne construit pas un État de Droit comme une baguette magique.

Le bilan doit être bien dressé pour envisager des solutions idoines dans un pays où les ethnies se regardent encore avec méfiance, par la faute des politiques passées.

Les guinéens ont enduré très fortement. Panser nos plaies exige des efforts soutenus, une volonté inébranlable de chaque citoyen. Sans des jalons solides, toute  précipitation pour sortir de la transition risque de conduire de nouveau  la Guinée  à un régime politique identique aux précédents.

C’est pourquoi, il est du devoir de chaque guinéen d’apporter sa  part de contribution au projet de refondation des bases d’une véritable démocratie où les droits de l’homme sont respectés au sein d’un Peuple soudé où les ethnies se font confiance dans leurs diversités.

Ainsi, si les sanctions de la CEDEAO se durcissaient davantage, le peuple de guinée, en accord avec le CNRD, sortira victorieux des épreuves. Et les institutions internationales, comme les États du monde comprendront les aspirations d’une nation à vivre désormais dans un environnement propice au bien être pour chacun et pour tous.

Elh. Abdoulaye Diallo journaliste

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