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BISSAU : enfin, un coup d’Etat qui n’aboutit pas

Il était temps que la spirale infernale prenne à son tour un coup. Il n’était pas dans l’intérêt de la région que la chance continuât à être du côté des putschistes. Ne serait-ce qu’une fois, ils devaient se frotter à l’épreuve de l’échec. Et c’est désormais chose faite. Sauf que personne n’aurait pu imaginer que ce premier coup d’arrêt se produirait en Guinée Bissau. Un pays particulièrement abonné et propice aux coups d’Etat. Caractérisé par une instabilité politique notoire, notre voisin du nord-ouest passe aussi pour un narco-Etat. Or, s’y ajoutent que l’armée est très impliquée dans la gestion du pouvoir et que la méfiance entre le président de la République et son premier ministre, est de notoriété publique. Mais en dépit de l’impressionnante artillerie que les assaillants avaient mobilisée, Umaro Sissoco Embalo s’en sort indemne et demeure à la tête du pays. Mais de la tentative de coup d’Etat dont Bissau a été le théâtre ce mardi 1er février, on peut dresser des enseignements à l’intention de ceux qui appellent les coups de force de leurs vœux.

Outre le fait que la Guinée Bissau est coutumière des coups d’Etat, on peut dire du projet qui visait à renverser le président Embalo, qu’il est l’incarnation même de l’effet domino contre lequel certains avaient mis en garde. En effet, si au Mali, l’insécurité et la mauvaise gouvernance peuvent être invoquées par les militaires pour justifier leur incursion sur la scène politique ; qu’en Guinée, celle-ci a été rendue nécessaire par le troisième mandat et qu’au Burkina, le contexte sécuritaire est un prétexte admissible, on ne peut pas en dire autant de la Guinée Bissau. A priori, aucune de ces conditions n’était réunie dans le cas de la Guinée Bissau

On peut donc partir de l’hypothèse que les meneurs ont davantage voulu surfer sur la vague des coups d’Etat qui font leur com back dans la région. Ce qui ne veut nullement dire que certains Bissau-guinéens n’ont pas de différends avec le président Embalo. Mais in fine, ce ne sont pas ces différends qui ont poussé les gens à agir. Ils ont dû se dire que c’est le meilleur moment. Qu’avec la défiance à laquelle font face les dirigeants des pays de la région, ils ont estimé que les chances qui s’offraient à eux étaient inespérées. Et c’est pourquoi ils ont agi. Quitte à le faire de manière précipitée et courir le risque d’échouer.

Mais cet échec, on n’a pas à s’en plaindre. Il en va de la survie de la région. Car cette vague de coups d’Etat, si elle rencontre une certaine adhésion de la part des opinions publiques, n’est pourtant pas une solution. Au contraire, de la refondation que les gens nous promettent à Bamako, Conakry et Ouagadougou, on risque de déboucher sur une véritable destruction des maigres acquis dont nous pouvions nous vanter. Avec ces coups d’Etat, le remède pourrait être plus nocif que le mal qu’il est censé soigner. Bien sûr quelques adeptes de l’anarchie et des mécontents de la gouvernance actuelle dans nos pays, continuent à prier pour la chute de tous les présidents de la sous-région. Dans le meilleur des cas, ils sont naïfs. Alors que dans le pire des cas, les intéressés font montre d’un cynisme sans pareil.

Boubacar Sanso BARRY

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