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Guinée : la pléthore dans les écoles publiques a-t-elle eu raison sur la qualité de l’enseignement ?

Pour de nombreux parents, inscrire leurs enfants dans une école publique en Guinée est une sérieuse préoccupation. D’autant plus que la qualité de l’enseignement ne les rassure pas. L’une des causes souvent dénoncées, c’est le nombre pléthorique d’élèves qu’il peut y avoir par classe dans ces écoles.

Mère de quatre enfants dont une fillette fait la deuxième année à l’École élémentaire publique Maman Henriette Conté du quartier Ansoumaniah Plateau, relevant de la commune urbaine de Dubreka, Bintou Camara (nom d’emprunt) l’a elle-même constaté. Son impuissance contre cet état de fait la dérange. « Dans les écoles publiques, les classes sont surpeuplées. Dans une seule classe, tu peux trouver plus de 60 élèves assis jusqu’à quatre sur un seul table blanc. Même pour écrire ce n’est pas facile dans ces conditions. C’est pourquoi beaucoup de parents, même s’ils ont des ressources financières limitées, font tout ce qui est possible pour envoyer leurs enfants dans les écoles privées, où le nombre d’élèves est généralement limité à quarante élèves pour deux élèves par table blanc », explique la mère de famille.

Zeinab Bangoura est ménagère. Elle a une jeune fille qui étudie dans des conditions identiques à l’école élémentaire de son quartier situé dans haute banlieue de Conakry. Elle exprime ses regrets de ne pas avoir suffisamment de moyens financiers pour pouvoir l’inscrire dans une école privée. « Si ma fille étudie dans une école publique, c’est parce que je n’ai pas les moyens ! Sinon, je l’aurais inscrite dans une école privée », assure-t-elle.

Une position que ne partagent pas les encadreurs

Pour faire notre constat, une équipe du Djely Média s’est rendue à l’École élémentaire publique Maman Henriette Conté d’Ansoumaniah Plateau. Créée au milieu des années 2000, elle accueille cette année près de 1700 élèves, répartis en 18 groupes pédagogiques.

Dans les classes, effectivement, les élèves sont assis jusqu’à quatre par table-banc. Mais cela ne suffit pas pour convaincre Mamadou Dian Bah que cette pléthore empêche les élèves à assimiler les leçons. Pour lui, le débat ne se pose pas : l’enseignement dans le public est meilleur que celui dispensé dans le privé. « Certes c’est bourré ici, mais cela n’empêche pas la rigueur. Cela fait 13 ans que j’enseigne dans le public. Ici ce sont des enseignants formés par l’État qui forment les enfants, pas des enseignants ramassés. Les parents d’élèves pensent que dans les écoles privées on étudie mieux ; et pourtant, c’est le contraire ! Par exemple, un enfant pour qui les parents paient des millions chaque pour les études, aucun enseignant n’a intérêt à le faire reprendre la classe même s’il n’a pas le niveau. Alors que dans le public, ceux qui n’ont pas le niveau sont recalés », fait-il remarquer.

Le directeur de cette école publique abonde dans le même sens que son enseignant. Mamadouba Soumah assuré qu’il lui est arrivé de rétrograder, pour niveau insuffisant, des élèves venus d’écoles privées. « Je ne comprends pas pourquoi les parents ne font pas confiance aux écoles publiques. Pourtant, ce ne sont pas toutes les écoles privées qui sont bonnes. Nous faisons ici des tests de la 3e à la 6e années et à maintes reprises j’ai dû rétrograder des élèves venus d’écoles privées. Ils sont parfois bien dans le parler, mais à l’écrit ils sont zéro », assure le premier responsable de l’École élémentaire publique Maman Henriette Conté d’Ansoumaniah Plateau.

Une pléthore qui s’explique par le manque d’infrastructures scolaires

Si le nombre d’élèves est pléthorique dans cet établissement scolaire, c’est sans doute parce qu’il n’y a pas beaucoup d’écoles publiques dans la zone. En effet, les quatre quartiers de la zone n’ont que l’École élémentaire publique Maman Henriette Conté d’Ansoumaniah Plateau comme unique établissement scolaire public. Ainsi, les milliers d’enfants d’Ansoumaniah Plateau, Ansoumaniah Village, Samatran Plateau et Tanga, en âge d’aller à l’école, ont le choix entre étudier dans ces salles surpeuplées ou se faire inscrire dans les écoles privées. Et là aussi, la partie n’est pas facile. Car les frais de scolarité dans les écoles privées ont été multipliés par plus de 10 au cours des vingt dernières années.

Asmaou Diallo

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