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Avec Charles Wright, on prend la « justice » et on sacrifie les « droits de l’homme »

La surprise avec laquelle l’opinion publique a reçu la promotion du désormais ancien procureur général au poste de ministre de la Justice, serait-elle passée par là. En tout cas, on ne semble pas avoir réalisé que le décret du colonel Mamadi Doumbouya, au-delà de la nomination d’Alphonse Charles Wright, modifiait également la dénomination du département à la tête duquel il a été parachuté. Celui-ci ne couvre plus en effet la dimension des « droits de l’homme ». Du moins, ce n’est pas explicitement dit. Et on peut imaginer que cette évolution ne procède pas du hasard.

Depuis le 2 novembre 2021 – date de nomination de Fatoumata Yarie Soumah – l’intitulé du ministère en charge de la justice se déclinait ainsi : « Ministère de la Justice et des Droits de l’homme ». L’adjonction des « Droits de l’homme » à la justice avait été perçue comme la résultante de la suppression du ministère de la « Citoyenneté et de la Réconciliation nationale ». C’est en effet ce département qui, depuis sa création sous l’ère Alpha Condé, prenait en charge les questions ayant trait à la promotion et aux violations des droits humains. Et même quand, le 31 décembre 2021, Me Moriba Alain Koné, a remplacé Fatoumata Yarie Soumah, limogée à la suite de divergences avec la présidence de la République, la dénomination du département avait été conservée. Mais le décret nommant Alphonse Charles Wright, lui, ne prend pas en compte les « droits de l’homme ». L’éphémère procureur général devient tout simplement « ministre de la Justice, Garde des sceaux ».

Faut-il y voir une option plus assumée de reléguer les questions des droits humains au second plan ? Très probablement ! En tout cas, quand, récemment, à la faveur de l’immersion gouvernementale, le ministre sortant avait ordonné l’élargissement de certains détenus dont des mineurs trop longtemps oubliés en détention, ses soutiens avaient mis en avant sa casquette des droits de l’homme. On dit également qu’au nom de cette même casquette, Me Moriba Alain Koné n’aurait pas aimé la brutalité avec laquelle Foniké Menguè et Cie ont été interpellés le mardi 5 juillet dernier par les agents de la BRB. D’ailleurs, il se susurre que c’est cette désapprobation qui vaut au ministre son éviction du gouvernement, après seulement 6 mois.

Certes, en temps normal, justice et droits de l’homme cheminent tout naturellement ensemble. Que cela soit explicitement mentionné ou pas. Mais dans le cas de la Guinée, depuis quelques mois, la justice est dénoncée comme un instrument de règlement de comptes et un outil de renouvellement générationnel des acteurs de la vie publique. Dans un tel contexte, choisir de supprimer les « Droits de l’homme » de la dénomination du département de la Justice, n’a certainement rien de rassurant.

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