Après le rejet des demandes de récusation de trois magistrats et d’annulation de l’ordonnance de renvoi, le 15 octobre dernier, le parquet général près la Cour suprême sort de son silence. Il assure que la procédure a été conduite dans le respect des textes en vigueur et des droits de la défense, tout en appelant à la poursuite sereine des débats.
Dans une communication consacrée à l’évolution de la procédure, ce dimanche 18 octobre, le parquet général près la Cour suprême revient sur les principales étapes de l’affaire et défend la régularité des actes judiciaires engagés contre l’intéressé.
Au cœur de cette mise au point figure la décision rendue le 15 octobre 2026 par les chambres réunies de la Cour suprême. Saisie de deux incidents soulevés par la défense, la juridiction a rejeté les demandes de récusation de trois magistrats et d’annulation de l’ordonnance de renvoi, les jugeant non fondées.
A la suite de cette décision, les avocats d’Algassimou Diallo ont annoncé la suspension de leur participation au procès jusqu’à nouvel ordre. Une situation sur laquelle le parquet général entend apporter des clarifications.
Dans sa communication, le parquet général rappelle que le Conseil supérieur de la magistrature, siégeant en formation disciplinaire le 20 août 2026, a prononcé la révocation d’Algassimou Diallo pour des manquements graves aux devoirs, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat.
Sur le plan pénal, le bureau de la Cour suprême a autorisé, par décision n° 17 du 26 août 2026, l’engagement de poursuites contre l’intéressé. Le lendemain, le procureur général a saisi le président de la première chambre pénale en vue de l’ouverture d’une instruction préparatoire.
Les poursuites portent sur des faits présumés de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et de participation à une association de malfaiteurs, prévus et punis par les articles 963, 313, 784 et 785 du Code pénal, selon le document.
A l’issue de l’information judiciaire, le magistrat instructeur a rendu, le 3 septembre 2026, une ordonnance de renvoi d’Algassimou Diallo devant les chambres réunies de la Cour suprême. Le parquet général précise par ailleurs que l’intéressé a comparu à plusieurs reprises devant cette juridiction, assisté de son collectif d’avocats.
Face à la suspension de participation des avocats, le parquet général insiste sur le caractère contradictoire des débats ayant précédé le rejet des incidents de procédure.
Il soutient que les décisions contestées ont été rendues par la juridiction compétente, conformément aux textes en vigueur et dans le respect des droits de la défense.
Tout en reconnaissant aux avocats le libre exercice de leurs droits et de leurs choix, le parquet général se dit disponible pour toute démarche utile auprès du collectif de défense, afin de permettre une reprise des débats dans un climat serein.
L’institution rappelle également que la poursuite de la procédure dans un délai raisonnable constitue un enjeu pour toutes les parties, y compris pour l’accusé.
Malgré la révocation disciplinaire et les poursuites pénales engagées, le parquet général souligne qu’Algassimou Diallo bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision définitive soit rendue conformément à la législation en vigueur.
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