Comme annoncé dans notre précédent article, la Guinée accueille, depuis ce mardi 20 octobre 2026, la 5ᵉ édition du UK–Francophone West & Central Africa Forum (WCAF V). Placée sous le thème « De la coopération à la transformation : construire l’avenir du développement en Afrique », cette rencontre réunit des représentants de 15 pays autour des enjeux de financement, d’investissement et de développement économique. Objectif : nouer de nouveaux partenariats et mobiliser des ressources en faveur des priorités de développement de la Guinée et des pays participants.
La journée de ce mardi a été marquée par plusieurs panels et sessions d’échanges, dont un panel de haut niveau réunissant des responsables gouvernementaux et des acteurs majeurs du développement industriel. Au cœur des discussions : l’attractivité des économies africaines, l’industrialisation et les leviers d’une transformation économique durable.
Pendant plusieurs heures, les participants ont partagé leurs expériences et leurs stratégies pour encourager l’investissement privé, développer les chaînes de valeur locales et promouvoir une industrialisation capable de générer des emplois et des richesses.
Avec plus de 1 500 participants issus de plus de 50 pays, 23 panels thématiques et un espace consacré aux projets d’investissement, le WCAF V entend s’imposer comme une plateforme de dialogue et de mise en relation entre décideurs publics, investisseurs et acteurs économiques.
Pour Steven Gray OVE, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à UK Export Finance, la transformation économique exige du courage, de l’écoute et une réelle capacité à surmonter les obstacles. Selon lui, il ne s’agit pas d’éviter les conversations difficiles, mais de les engager afin de trouver des solutions et de convertir les défis en opportunités.
Il a également insisté sur l’importance de créer des passerelles entre les personnes, les idées, les compétences et les capitaux nécessaires à la concrétisation des ambitions de développement. Une dynamique qui, selon lui, ne saurait se construire dans l’isolement.
« Car l’investissement repose sur la confiance, tout comme la solidité des partenariats », a-t-il souligné.

Les ministres guinéens de l’Énergie et de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire ont également participé à des panels consacrés aux perspectives de développement de leurs secteurs respectifs.
Face aux investisseurs et aux partenaires techniques et financiers, Laye Sékou Camara et Mohamed Lamine Sy Savané ont exposé les besoins de la Guinée et plaidé pour une mobilisation accrue des financements afin d’accompagner les ambitions du programme Simandou 2040.
Prenant la parole au cours des échanges, le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, a rappelé le rôle central de l’énergie dans le développement économique et industriel du pays. Il a notamment présenté le forum comme une occasion de renforcer les partenariats et d’accélérer la concrétisation des projets énergétiques.
« Je pense que c’est un événement important et c’est une opportunité pour la Guinée qu’il faut saisir. Et le secteur de l’énergie est au cœur du développement de notre pays. Donc, ce secteur aujourd’hui a besoin d’être boosté », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a mis en avant la place du programme Simandou 2040 dans la coordination des politiques publiques et la planification du développement national.
Il a présenté cette cinquième édition du WCAF comme un cadre privilégié permettant aux membres du gouvernement d’expliquer aux partenaires et aux investisseurs les grandes orientations de ce programme, qui vise notamment à renforcer la cohérence entre les actions des différents départements ministériels.
« Cette cinquième session de WCAF Guinée a été vraiment un cadre idéal pour permettre à tous les panélistes, surtout les membres du gouvernement, d’expliquer en profondeur le programme Simandou, qui est né du projet Simandou que nous connaissons tous », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, ce programme socio-économique doit permettre d’harmoniser les interventions gouvernementales et d’éviter que les départements ministériels développent des initiatives isolées, déconnectées des priorités nationales.
« Ce programme est conçu de telle sorte qu’aucun ministre n’a la possibilité d’initier un programme en dehors des projets qu’il souhaite réaliser conformément à ses propres ambitions », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité d’inscrire les initiatives sectorielles dans une vision commune.
Le ministre Ismaël Nabé est, pour sa part, revenu sur la portée internationale du forum et les perspectives de financement qu’il ouvre pour la Guinée.
Selon lui, quinze pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre sont concernés par cette rencontre, qui a notamment enregistré la participation d’environ sept ministres étrangers et de plusieurs chefs de délégation.
Des panels consacrés à différents pays, notamment la Côte d’Ivoire, la République centrafricaine et le Congo, ont également été organisés. Plusieurs sessions ont par ailleurs été dédiées à la Guinée, avec la participation de membres du gouvernement.
Parmi les principaux enjeux évoqués figure la contribution de UK Export Finance au financement de projets structurants en Guinée. A ce titre, Ismaël Nabé a évoqué une enveloppe de 1,8 milliard de livres sterling, soit environ 2 milliards de dollars américains, destinée à soutenir plusieurs projets inscrits dans la dynamique du programme Simandou 2040.
Les projets concernés comprennent notamment la cité administrative, les infrastructures d’adduction d’eau potable, les autoroutes, les infrastructures électriques ainsi que les établissements d’enseignement.

Le panel de haut niveau a également enregistré la participation de Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, aux côtés des ministres chargés du Plan et du Développement, de l’Énergie et des Infrastructures, du directeur général du Guinea Development Board (GDB), du gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée et du président du conseil d’administration de TransGuinée.
Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes de financement des ambitions nationales et sur la valorisation durable des ressources minières.
A cette occasion, la ministre a souligné l’importance d’une gestion rigoureuse des revenus issus de l’exploitation minière, afin de garantir une utilisation responsable de ces ressources et de préserver les intérêts des générations futures.
Au terme de cette journée de discussions, un enjeu majeur se dégage : faire de la coopération économique un véritable levier de transformation. Pour la Guinée comme pour les autres pays participants, la mobilisation des investissements, le renforcement des partenariats et la réalisation de projets structurants apparaissent essentiels pour accélérer l’industrialisation et soutenir un développement économique durable.
Balla Yombouno


