Depuis quelques années, le football guinéen paraît marquer le pas. Les résultats déçoivent, les clubs peinent à vivre et les supporters, lassés, finissent par se détourner. Le 27 octobre, les membres statutaires de la Fédération guinéenne de football (Féguifoot) devront dire à qui ils confient la tâche de relever le pays. Parmi les candidats, Mamadi Doumbouya présente un profil qui mérite qu’on s’y arrête.
Il y a d’abord chez lui un attachement sincère au ballon rond. Président de club, ancien membre du Comité exécutif de la Féguifoot, il en connaît les coulisses comme les couloirs. Il partage l’agacement de tous ceux qui voient s’éroder, saison après saison, un football qui avait de quoi briller. Cette colère contenue est devenue chez lui un moteur.
Mais le ballon ne tourne pas sans organisation. Une bonne partie des maux du football guinéen vient de la façon dont il est conduit. A la tête de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), après avoir dirigé l’Agence nationale du service universel des télécommunications et du numérique (ANSUTEN), le candidat a appris à conduire des équipes, à répartir des moyens et à justifier ses choix. Son goût des outils numériques peut, de surcroît, rendre la fédération plus claire pour ses clubs et plus crédible pour ses partenaires.
Reste la question de l’argent, la plus épineuse. Aucun redressement durable n’est possible si la fédération vit uniquement de dotations venues de l’Etat ou d’instances internationales. Il lui faut des ressources propres, et donc des dirigeants qui sachent les faire naître. C’est tout l’intérêt de la liste que Mamadi Doumbouya a constituée : on y trouve des chefs d’entreprise dont les succès sont connus, comme Bakary Diaby, Abdoul Karim Sonoco et Abass Camara. Habitués à convaincre des financeurs et à bâtir des projets rentables, ils abordent le football avec une logique d’entrepreneurs : un club, une sélection, une compétition sont aussi des projets qui se financent et se gèrent avec méthode.
Un autre atout, enfin, tient à sa familiarité avec la machine publique. L’Etat reste le premier partenaire de la fédération. Savoir quel dossier présenter, à quel service et dans quel ordre fait gagner un temps précieux quand il s’agit de construire ou rénover des stades ou de régler les questions de logistique des équipes nationales et des clubs engagés dans les compétitions africaines. Un président qui connaît déjà ces circuits peut se mettre au travail dès son premier jour.
Un bon rapport avec l’Etat n’a rien d’une dépendance. Il peut s’agir d’un dialogue franc, entre deux partenaires qui se respectent et qui ont chacun besoin de l’autre pour faire avancer le football.
Passion, rigueur de gestion, capacité à lever des fonds, entregent institutionnel, tout cela forme un ensemble rare. Pour peu qu’il soit élu, il pourrait donner au football guinéen ce qui lui manque depuis trop longtemps que sont des moyens, une méthode et une direction. Il reviendra aux membres statutaires d’en juger, en ne perdant pas de vue l’essentiel qui le bien du football guinéen.
Cellule de communication


