La Guinée poursuit son chantier de transformation numérique. Un atelier consacré à la validation de neuf projets de textes d’application du décret du 19 août 2026 sur la signature électronique a réuni à Conakry plusieurs membres du gouvernement, des responsables d’institutions publiques et des cadres techniques, ce mercredi 21 octobre 2026. L’objectif est de mettre en place un cadre réglementaire cohérent pour sécuriser les échanges numériques et accélérer la dématérialisation des procédures administratives.
Les travaux portent sur l’examen des textes article par article, l’harmonisation des dispositions et l’arbitrage des points encore en discussion. À terme, les versions consolidées seront transmises au Secrétariat général du gouvernement.
A l’ouverture de l’atelier, François Mara, directeur général adjoint de l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE), a souligné l’importance de la confiance numérique dans la modernisation du pays.

« A travers le programme Simandou 2040, le chef de l’État a fixé un cap clair : faire de notre pays une économie transformée, attractive et tournée vers l’avenir. Une telle ambition appelle une administration moderne, efficace et digne de confiance, capable d’accompagner les investisseurs, les entreprises et les citoyens. La confiance numérique que nous abordons aujourd’hui en est l’un des socles », a-t-il déclaré.
Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a insisté sur la nécessité d’encadrer juridiquement cet outil, notamment dans le fonctionnement des juridictions.
« La signature électronique n’est pas seulement un outil informatique, c’est une question de droit. Un document signé électroniquement n’a de valeur que si la loi lui reconnaît la même force probante que l’écrit sur papier, et si le juge peut s’appuyer sur lui en toute sécurité », a-t-il affirmé.
Le ministre a notamment évoqué la sécurisation des jugements, des arrêts et des actes de greffe, ainsi que la réduction des délais de traitement. Il a également plaidé pour des textes garantissant l’intégrité, la traçabilité et la conservation des documents électroniques.

De son côté, Faya François Bourouno, ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, a appelé à accélérer la mise en œuvre du dispositif. Il a rappelé que cette réforme concerne aussi bien l’État que les entreprises et les citoyens. « Il ne s’agit donc pas d’un sujet relevant d’un ministre ou d’un ministère. C’est une question qui concerne l’État, l’ensemble du gouvernement guinéen et, je dirais même, toute la nation », a-t-il souligné.
Le ministre a également mis en garde contre la confusion entre une signature manuscrite scannée et une véritable signature électronique sécurisée.
« Nous scannons une signature manuscrite, puis nous la copions et la collons sur des documents pour prétendre avoir signé électroniquement. Or, cette pratique ne garantit pas les exigences de fiabilité, d’intégrité et de sécurité requises », a-t-il expliqué.
Faya François Bourouno a par ailleurs insisté sur la nécessité de promouvoir les compétences nationales et de permettre aux PME guinéennes de participer au développement des services de certification électronique. Il a invité les participants à examiner rigoureusement les neuf projets de textes, en formulant des critiques et des propositions d’amélioration.

Représentant le Premier ministre Amadou Oury Bah, le directeur de cabinet de la Primature, Dr Daouda Kamissoko, a rappelé que la signature électronique doit contribuer à simplifier les démarches administratives, à sécuriser les échanges et à améliorer les services publics.
« La réussite de cette initiative ne dépendra pas uniquement de la qualité des textes adoptés. Elle dépendra essentiellement de notre capacité collective à traduire ces textes en pratiques effectives, accessibles et sécurisées », a-t-il martelé.
Les participants devront ainsi veiller à la cohérence juridique des textes, à la clarification des responsabilités institutionnelles et à la sécurité du dispositif.

La consolidation des neuf projets de textes constitue une étape importante avant leur transmission au Secrétariat général du gouvernement et la poursuite du processus de mise en œuvre de la signature électronique en Guinée.
Thierno Amadou Diallo


