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WCAF V : des décideurs africains exposent leurs ambitions économiques et industrielles

La deuxième journée de la 5ᵉ édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (WCAF V) a été marquée par plusieurs panels de haut niveau consacrés aux opportunités d’investissement, au développement des infrastructures et à l’industrialisation. À travers leurs interventions, des décideurs de la sous-région ont présenté les potentialités économiques de leurs pays, tout en plaidant pour une coopération renforcée afin d’accélérer la transformation des économies africaines.

Parmi les échanges figuraient notamment les panels intitulés « République du Congo : infrastructures, investissements et partenariats pour la croissance » et « Porte d’entrée sur l’Atlantique : industrialisation et croissance régionale ».

A cette occasion, Michel Djombo, ministre congolais chargé du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé, a mis en avant les atouts stratégiques de la République du Congo pour attirer les investisseurs et renforcer son positionnement économique dans la sous-région.

Selon lui, cette rencontre a permis de mieux faire connaître les possibilités d’investissement offertes par son pays, notamment grâce à sa situation géographique et à son potentiel commercial.

« Il s’agissait de mettre en avant les opportunités au Congo, en nous appuyant particulièrement sur la centralité de notre pays dans la sous-région. Nous avons présenté un certain nombre d’atouts, notamment notre port en eau profonde, la position stratégique du Congo au sein d’un marché de 100 à 120 millions d’habitants, ainsi que les réformes institutionnelles que notre gouvernement est en train de mettre en place », a-t-il expliqué.

Au-delà des infrastructures et de la taille du marché régional, la mobilité des investisseurs constitue également un enjeu majeur. Sur ce point, le ministre congolais a annoncé des mesures destinées à faciliter les déplacements des opérateurs économiques et à stimuler les investissements entre les pays africains.

« Pour les hommes d’affaires, la mobilité constitue très régulièrement un problème. Notre gouvernement a mis en place le visa électronique (e-visa), qui sera opérationnel dès le début de l’année. A la suite de l’annonce du président de la République, les visas ont également été supprimés pour les ressortissants africains. Les acteurs économiques des pays africains peuvent désormais venir chez nous sans visa. Je pense que c’est un accélérateur des investissements croisés entre les pays africains », a-t-il souligné.

Le financement, un défi majeur pour l’industrialisation africaine

De son côté, le ministre sénégalais de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Gueye Diop, a salué les résultats de cette rencontre, qu’il considère comme une occasion importante de renforcer les échanges entre les économies africaines et leurs partenaires internationaux.

Il a notamment insisté sur la question du financement, qu’il identifie comme l’un des principaux obstacles au développement industriel du continent.

« Il y a plusieurs raisons qui expliquent ces résultats positifs. D’abord, nous avons pu échanger entre Africains, particulièrement entre pays d’Afrique francophone, sur nos besoins en matière d’industrie et de développement économique, et cela grâce au Royaume-Uni. Vous savez, le principal problème de nos économies reste le financement. Il faut financer les zones industrielles, les infrastructures, les usines, les chaînes de valeur et la transformation des matières premières. Il faut également des prêts. C’est l’un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés en Afrique, surtout après les différentes crises que nous avons connues », a-t-il déclaré.

Le responsable sénégalais a également profité de ce forum pour présenter les potentialités économiques de son pays, notamment ses 45 zones industrielles, ses ressources énergétiques et ses ambitions en matière de transformation locale des matières premières.

« Vous savez, le Sénégal a découvert d’importantes ressources pétrolières et gazières. Nous produisons désormais du pétrole, à hauteur de 100 000 barils par jour, et nous exportons également du gaz. Nous avons des projets ambitieux visant à transformer ce gaz en engrais et le pétrole en produits dérivés à haute valeur ajoutée. C’est dire que le Sénégal avait beaucoup de choses à présenter aux investisseurs », a-t-il expliqué.

Guinée-Sénégal : vers des synergies industrielles renforcées

Au-delà de la présentation des opportunités nationales, le ministre sénégalais a insisté sur les réformes engagées pour améliorer l’environnement des affaires et favoriser l’arrivée de nouveaux investisseurs. Il a notamment évoqué le Code des investissements ainsi que les perspectives de valorisation des ressources minières du Sénégal.

« Nous avons également présenté notre Code des investissements, qui est très favorable, ainsi que les perspectives de valorisation du phosphate et du fer sénégalais. Mais nous avons surtout insisté sur la nécessité de développer des synergies entre nos pays », a-t-il précisé.

Cette coopération pourrait notamment se concrétiser par des projets industriels communs entre la Guinée et le Sénégal, deux pays disposant de ressources minières complémentaires. Pour le ministre sénégalais, l’enjeu est désormais de dépasser le modèle d’exportation des matières premières brutes afin de privilégier leur transformation sur le continent.

« Comment pouvons-nous travailler avec la Guinée pour acheminer de la bauxite guinéenne au Sénégal et du phosphate sénégalais en Guinée ? Comment les pays africains peuvent-ils commencer à développer des projets communs de transformation de leurs matières premières ? Mais surtout, comment arrêter d’exporter à l’étranger le phosphate, la bauxite ou le fer à l’état brut et encourager véritablement l’industrialisation ? », s’est-il interrogé.

Pour illustrer cette ambition, Dr Serigne Gueye Diop a établi un parallèle entre les programmes de développement de la Guinée et du Sénégal, qu’il considère comme des leviers potentiels d’une coopération économique plus étroite.

« Je crois qu’avec votre programme Simandou 2040 et notre projet Sénégal 2050, nous avons de beaux exemples de collaboration et de grands projets susceptibles d’illustrer les avantages d’une coopération entre les pays africains. Lorsque le Sénégal travaille avec la Guinée et que les pays africains unissent leurs efforts, nous obtenons forcément des résultats positifs », a-t-il conclu.

A travers ces différents panels, le WCAF V met ainsi en lumière un enjeu central pour les économies africaines : mobiliser les financements, renforcer les partenariats et développer des chaînes de valeur régionales pour faire de leurs ressources naturelles un véritable moteur d’industrialisation et de croissance durable.

Balla Yombouno

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