Le procureur spécial de la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a effectué une descente musclée sur plusieurs sites d’exploitation aurifère illégale dans la préfecture de Siguiri. Accompagné du procureur général de Kankan et des forces de défense et de sécurité, il a arpenté les sites de Soubrakoba, Bokoko et Diatela. Le constat est sans appel : l’environnement est à l’agonie.
Face à l’ampleur des dégâts, le patron du parquet spécial n’a pas mâché ses mots. Interpellant directement les agents de sécurité sur leurs responsabilités, il a posé un diagnostic sans détour.
« Le mal de Siguiri aujourd’hui, ce n’est pas parce que Dieu a doté Siguiri de ressources, mais parce que la gestion de ces ressources pose énormément de problèmes », a-t-il martelé.
Au cœur de la visite, une question hante le procureur : que sont devenues les machines précédemment saisies ? Wright veut des comptes, et il le fait savoir avec une franchise désarmante.
« Les machines avaient été saisies. Nous allons aller voir où elles se trouvent et ce qu’il en a été fait. Ces machines-là sont où ? Est-ce qu’à date, aujourd’hui, elles ont disparu ? Je veux qu’on commence d’abord par ce cas. Je veux connaître l’existence de ces machines qui étaient là. Est-ce que ce sont les mêmes machines qui se sont retrouvées dans la nature ? Celui qui a un poclain ici a son parrain à Conakry. Ah oui, j’ai mon parrain. Cette complaisance-là, j’ai dit, tous les cadres qui ont été suspendus vont être poursuivis, y compris l’ancien préfet», a-t-il indiqué.

Puis d’ajouter : «Il faut qu’ils répondent de leurs actes. On ne peut pas représenter l’autorité de l’État ici à Siguiri et que l’environnement soit dans cet état. On ne peut pas priver cette ville d’une chose essentielle que nous devons protéger, comme l’a toujours dit le président : protéger l’environnement. On dit non, il n’y a rien, qu’ils parlent, nous avons nos affaires. Nous avons ouvert une enquête, pris une réquisition. Le directeur régional de la police va faire le briefing et vous devrez commencer le travail dès demain matin », a instruit le procureur Wright.
La descente n’a pas été que symbolique. Sur les trois sites visités, quatre personnes ont été interpellées en pleine activité et des machines saisies, placées à la disposition des services de sécurité pour les besoins de l’enquête. Leurs identités n’ont pas été divulguées.
N’Famoussa Siby


