Alors que le projet controversé de la FIFA visant à ouvrir une partie de ses activités commerciales à des investisseurs privés provoque une levée de boucliers en Europe et en Amérique du Nord, la Confédération africaine de football (CAF) adopte une position plus prudente. L’instance dirigée par le Dr Patrice Motsepe n’a pas encore pris position et privilégie, pour l’heure, la concertation.
Au cœur de cette réforme figure la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une société chargée de gérer les activités commerciales de la FIFA (droits de diffusion, sponsoring, billetterie, licences) ainsi que l’organisation de ses principales compétitions, dont la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs.
Le projet prévoit l’ouverture minoritaire du capital à des investisseurs privés afin de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. Selon la FIFA, ces ressources supplémentaires permettraient notamment d’accroître le financement des 211 fédérations membres et de soutenir des projets d’infrastructures à travers le monde.
Mais cette initiative est loin de faire l’unanimité.
Deux hauts responsables de la FIFA ont déjà dénoncé le projet. Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a même démissionné en signe de protestation, déclarant : « Je ne peux rester les bras croisés alors que la FIFA envisage de vendre une participation à la Coupe du monde ».
L’UEFA est allée encore plus loin en menaçant de boycotter toutes les compétitions de la FIFA si le projet était maintenu. Dans un communiqué, l’instance européenne affirme : « Aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à une compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront en vigueur, à moins que cette proposition n’ait été abandonnée dans son intégralité et que des assurances contraignantes n’aient été données que la FIFA n’ouvrira plus jamais sa gouvernance ou ses compétitions à la propriété privée ».
La Concacaf s’est également opposée au projet, dénonçant un manque de consultation des fédérations membres et estimant qu’une réforme d’une telle ampleur ne peut être conduite sans concertation préalable.
Face à cette fronde grandissante, la CAF choisit une approche plus mesurée. L’instance africaine indique avoir reçu, le 29 juillet, une correspondance de la FIFA concernant l’initiative « FIFA Forward Enterprise », dans le cadre du processus de consultation engagé avec les associations membres et le Conseil de la FIFA.
Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, réunira ainsi le Comité exécutif de l’organisation la semaine prochaine afin d’examiner et d’évaluer cette proposition. En parallèle, la CAF invite ses associations membres à analyser le projet et à participer activement aux consultations conformément aux règlements en vigueur.
Sans approuver ni rejeter le projet, l’organisation africaine insiste sur la nécessité de poursuivre les discussions. « La CAF demeure engagée à poursuivre les consultations et à travailler en étroite collaboration avec ses Associations Membres, la FIFA, les autres Confédérations de football et les parties prenantes, afin de soutenir l’augmentation des ressources financières et autres destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde », souligne le communiqué.
Alors que le débat s’intensifie au sein du football mondial, la position que prendra la CAF après ses consultations pourrait peser lourd dans l’avenir de ce projet porté par Gianni Infantino.
N’Famoussa Siby


