Une large majorité d’Africains soutient l’autonomie des femmes dans les décisions liées au mariage, à la maternité et à l’emploi. Pourtant, le harcèlement, les discriminations et les obstacles économiques continuent de freiner leur pleine émancipation. C’est ce que révèle le dernier rapport panafricain d’Afrobarometer publié le 18 juin 2026.
Réalisée auprès de 50 961 personnes dans 38 pays africains entre 2024 et 2025, l’enquête met en lumière une évolution des mentalités en faveur des droits des femmes. Ainsi, 75 % des répondants estiment que les femmes doivent décider elles-mêmes si et quand elles souhaitent se marier, tandis que 62 % soutiennent leur droit de choisir le nombre d’enfants qu’elles veulent avoir.
Malgré ces avancées, les inégalités demeurent dans la sphère économique. Plus d’un tiers des personnes interrogées (38 %) considèrent encore que les hommes devraient être prioritaires lorsque les emplois se font rares. Par ailleurs, près d’un quart des répondants affirment que certaines femmes sont régulièrement empêchées de travailler par leur conjoint ou leur famille.
Le rapport souligne également l’ampleur des violences et discriminations subies par les femmes et les filles. Plus d’un quart des répondants déclarent que les élèves filles sont fréquemment victimes de harcèlement, de discrimination ou de sollicitations sexuelles de la part d’enseignants. Une proportion similaire évoque le harcèlement sexuel dans les espaces publics.
Face à cette situation, 78 % des Africains estiment que la police et les tribunaux doivent redoubler d’efforts pour protéger les femmes et les filles contre les discriminations et les violences.
L’étude met enfin en évidence les difficultés d’accès aux soins de santé. Deux tiers des femmes interrogées affirment qu’elles-mêmes ou un membre de leur famille ont été confrontés à un manque de médicaments ou de soins médicaux au cours des douze derniers mois.
Pour Afrobarometer, ces résultats traduisent un soutien croissant à l’égalité des genres sur le continent, mais rappellent également l’urgence de renforcer les mécanismes de protection et d’autonomisation des femmes.
N’Famoussa Siby


