Sacré premier de la République en sciences expérimentales au baccalauréat, session 2026, Mamadi Kaba confirme que l’excellence est le fruit du travail, de la discipline et de la persévérance. Élève du lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo de Kankan, le jeune prodige nourrit désormais une ambition claire : embrasser une carrière de médecin et démontrer que l’enseignement franco-arabe ouvre les portes de toutes les professions.
A son domicile familial, situé au quartier Kabada 2 à Kankan, le nouveau major national a reçu la presse locale dans une ambiance empreinte de joie et de fierté. Très ému, il mesure pleinement la portée de cette distinction, qu’il considère comme l’aboutissement de plusieurs années d’efforts.
« Comme vous le constatez déjà, dans la famille, c’est une joie immense, une fierté que je représente ici aujourd’hui. C’est un sentiment de joie et de satisfaction qui m’arrive ce matin. Sans oublier que c’est le fruit d’un travail acharné et de préparation depuis plusieurs années. Cela n’a pas commencé cette année. Depuis 2021, nous avons pris l’initiative, nous avons rêvé de devenir le premier de la République. Et voilà, aujourd’hui, ce rêve est réalisé. Vraiment, je suis très content et fier de mes parents, mes professeurs, mes amis, ainsi que toutes les personnes qui m’ont soutenu et encouragé tout au long de cette difficile année scolaire », a-t-il indiqué.
Interrogé sur les clés de sa réussite, Mamadi Kaba met en avant une culture familiale de l’excellence, mais surtout le travail régulier et la rigueur.
« Je peux dire oui, c’est un don de la famille. Si nous regardons un peu l’histoire, mon frère au BEPC a été premier de son école, donc depuis lors, il a toujours été premier jusqu’au bac. Pour moi aussi précisément, j’ai toujours été premier de la première année jusqu’à là où je suis aujourd’hui, donc excepté trois changements si je me rappelle, à savoir la troisième année, la septième et la huitième. Donc sur ce, je peux dire vraiment que c’est un don de famille que j’ai de lui. Comme je vous l’ai dit précédemment, c’est le travail, c’est le travail qui paye toujours. Donc pour être le premier de la République, il faut réviser, il faut réviser. Et avoir aussi un emploi très respecté, c’est ça qui aide beaucoup. Parce qu’en terminale, on peut dire que c’est une classe à part, donc pour y arriver, il faut être constant, il faut être constant et éviter aussi le déséquilibre, parce que le franco-arabe c’est un enseignement qui n’est pas comme les autres », a-t-il expliqué.
Le lauréat insiste également sur les exigences particulières de l’enseignement franco-arabe, qui impose aux élèves de maîtriser aussi bien les matières enseignées en français que celles dispensées en arabe.
« Donc pour être le premier là-bas en sciences expérimentales, il faut vraiment être au même niveau que les autres élèves de l’enseignement général dans les matières françaises et aussi au même niveau que les autres élèves de franco-arabe, sciences sociales, parce qu’on a quatre matières à valider en français et trois matières en arabe. Donc c’est presque une égalité, donc c’est un peu ça, il faut travailler, c’est toujours le travail qui paie », a-t-il déclaré.
Face aux préjugés qui réduisent encore l’enseignement franco-arabe à une simple formation religieuse, Mamadi Kaba répond avec assurance. Son objectif est de poursuivre des études de médecine afin de devenir médecin.
« Je veux devenir médecin. Je vais faire la médecine à l’université, parce que ceux qui disent qu’ils font franco-arabe deviennent toujours imam. Ceux qui deviennent imam, ça c’est leur choix, c’est ça qu’ils ont voulu. Donc sinon, ce n’est pas ça. Si nous regardons franco-arabe, c’est un enseignement qui est beaucoup favorable, beaucoup favorable pour tout jeune qui veut être dans le monde du XXIe siècle. Parce que si vous voyez aujourd’hui, franco-arabe, non seulement on apprend le français, il y a l’arabe et aussi l’anglais. Donc auparavant, l’anglais, ce n’était pas inséré. Nous avons commencé l’anglais à partir de la 7ème année. Mais là où on est aujourd’hui, même la première année, on apprend l’anglais là-bas. Donc c’est vraiment un enseignement qui peut vraiment aider tout jeune qui veut être aujourd’hui dans le monde du XXIe siècle », a-t-il affirmé.
A Kabada 2, l’annonce de son sacre a suscité une immense joie au sein de sa famille et de ses proches. Pour de nombreux habitants de Kankan, Mamadi Kaba incarne désormais l’excellence scolaire, la persévérance et la réussite. Son parcours fait également de lui un véritable ambassadeur de l’enseignement franco-arabe guinéen, dont il entend démontrer toute la richesse à travers son futur métier de médecin.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


