A Kindia, une partie du dépôt de la gare ferroviaire s’est réveillée mercredi 12 août 2026 sous l’emprise de plusieurs vendeuses. Arrivées dans la nuit, elles ont installé leurs étals dans l’espoir d’y trouver enfin un espace pour exercer leur commerce. Mais derrière cette occupation, une question demeure : qui leur a demandé de venir ?
La nuit a été mise à profit pour prendre position. Plusieurs femmes ont investi une partie du dépôt de la gare ferroviaire et commencé à y installer leurs marchandises. Une initiative qui a rapidement semé la confusion sur les lieux, alors que les autorités locales affirment ne pas avoir été informées d’une telle opération.
Pour les vendeuses, pourtant, leur présence n’a rien d’une décision improvisée. Elles disent avoir répondu à une instruction des responsables communaux, après avoir été confrontées à des difficultés pour trouver des espaces de vente.
« Ils nous ont dit depuis hier de venir au dépôt de la gare. Ils ont affirmé qu’on ne revendra pas nos marchandises ce mercredi. Ils veulent nous faire souffrir. Les autorités doivent nous aider à avoir des places. Nous n’avons pas de places. Ils nous chassent tous les jours. Nous sommes inquiètes. Nous étions à Yenguema, au quartier Abattoir 1. Ce sont les responsables qui nous ont dit de venir ici », a déclaré Mabinty Soumah.
Mais cette version ne semble pas partagée par les responsables du quartier. Contacté mercredi matin, le chef du quartier Gare, docteur Mory Kanté, assure avoir découvert l’occupation au même moment que les autres habitants.
« Pratiquement, nous ne sommes pas informés. C’est seulement aux environs de 19h jusqu’à ce matin, j’ai vu que l’envahissement est total au niveau de l’arrière-cour de CADAK. J’ai appelé la hiérarchie, principalement la commission infrastructure, ils me disent de chercher à les calmer pour ne pas qu’il y ait histoire. Les femmes ont anticipé l’événement. Nous sommes sur la voie de calmer, de sensibiliser les femmes », a affirmé Dr Mory Kanté.
Et à mesure que les vendeuses s’installent, une autre inquiétude apparaît : la bataille pour les places. Selon le chef de quartier, certaines personnes auraient déjà occupé plusieurs emplacements, avec l’intention de les revendre.
« Pour ce qui est de l’occupation anarchique, la commune doit revenir là-dessus, c’est clair parce que même toutes celles qui ont occupé les lieux ne sont pas habilitées à occuper. Il doit avoir un recensement au niveau de ceux qui sont sur les voies, ils seront les premiers à être recasés avant les autres. J’ai vu que certaines femmes occupent 3 à 4 places. Il y a même des jeunes infiltrés qui ont occupé des places. Ils veulent les revendre après. Chose que nous allons suivre à la lettre pour que chacun soit rétabli dans ses droits », a souligné Dr Mory Kanté, chef de quartier de la Gare.
Une véritable course aux emplacements semble donc s’être engagée autour du dépôt de la gare. Entre vendeuses à la recherche d’un lieu pour travailler et personnes soupçonnées de vouloir profiter de la situation, les autorités locales doivent désormais tenter de ramener de l’ordre.
Pour ces commerçantes, l’objectif reste cependant clair : disposer d’un espace où elles pourront vendre leurs marchandises sans être constamment chassées des routes. Reste à savoir qui aura droit à une place et selon quels critères.
Siby


