Face à une salle marquée par l’absence de la délégation américaine, le président iranien Massoud Pezeshkian a livré mercredi 23 septembre un discours offensif à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. En réponse aux accusations de Donald Trump, il a défendu la riposte iranienne, rejeté toute volonté de capitulation et réaffirmé la disponibilité de Téhéran au dialogue.
Dès le début de son intervention, Massoud Pezeshkian a placé son discours sous le signe de la confrontation avec Washington.
« Nous ne sommes pas des terroristes, mais des victimes du terrorisme », a lancé le président iranien, contestant directement les accusations formulées la veille par Donald Trump.
Pezeshkian a ensuite évoqué les frappes ayant touché l’Iran et dénoncé ce qu’il présente comme des attaques contre des populations et des infrastructures civiles.
« Je viens d’un Iran où une école a été bombardée », a-t-il déclaré, avant d’insister : « Nous n’avons fait que nous défendre ; nous ne sommes pas des terroristes ».
Le président iranien a également affirmé que son pays ne céderait pas sous la pression militaire et économique américaine.
« Le peuple iranien ne se soumettra pas aux pressions », a-t-il martelé, estimant que les sanctions et l’intimidation ne feraient que renforcer la résistance iranienne.
Sur le dossier nucléaire, Pezeshkian a défendu le droit de l’Iran à développer une technologie nucléaire à des fins pacifiques.
« Nous ne céderons pas et nous ne renoncerons pas à nos droits », a-t-il affirmé, avant de préciser : « Non aux armes nucléaires et non aux restrictions imposées à la technologie nucléaire pacifique ».
Selon lui, cette technologie constitue notamment un outil de développement dans les domaines de la médecine, de l’agriculture et de la production d’électricité.
Le président iranien a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme un traitement différencié entre l’Iran et Israël sur la question nucléaire.
« L’arme nucléaire est en Israël, mais les inspecteurs sont en Iran », a-t-il déclaré.
Autre point majeur de son intervention : le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les échanges énergétiques mondiaux et devenu l’un des principaux foyers de tension entre Washington et Téhéran.
« Il ne peut pas être acceptable que tout le monde bénéficie du détroit d’Ormuz alors que nous sommes privés de l’accès à la navigation sur cette voie maritime », a indiqué Pezeshkian.
Il a également averti que « le déploiement permanent de flottes hostiles et l’expansion de la guerre ne conduiront pas à la paix ».
Malgré la fermeté de son discours, Massoud Pezeshkian n’a pas fermé la porte aux négociations avec Washington.
« L’Iran tend la main au monde. Nous sommes prêts au dialogue, à la diplomatie et aux négociations, mais sans accepter le langage de la force », a-t-il déclaré.
Cette ouverture intervient alors que des discussions indirectes entre responsables iraniens et américains ont eu lieu à New York, par l’intermédiaire de médiateurs, dans l’objectif de trouver une issue au conflit.


