Dans la commune rurale de Kondembadou, relevant de la préfecture de Guéckédou, les services de sécurité ont rapidement réagi après la diffusion d’une vidéo devenue virale montrant un élève armé d’une machette dans l’enceinte du collège de la localité. L’élève concerné ainsi qu’un enseignant ont été interpellés.
Les faits remontent au 4 juin 2026. Ce jour-là, un élève de 10ème année est surpris avec un téléphone portable en plein brevet blanc. L’appareil, formellement interdit à l’école, est aussitôt saisi par le professeur. Mais l’élève, Aly Kamano, réclame son bien, en vain.

Le lendemain matin, sans évaluation au programme, il informe sa mère de la situation. La suite, une source contactée sur place la raconte ainsi : « ce matin, l’élève, qui n’avait pas d’évaluation, a informé sa mère de la situation. Cette dernière lui a demandé d’aller d’abord couper du bois pour venir arranger sa douche qui était tombée. L’élève, en partant couper ce bois, a déposé son colis au bord de la route et est entré dans l’enceinte de l’école avec le coupe-coupe en main… Il a été interpellé par certains enseignants qui voulaient lui retirer la machette. C’est à ce moment que monsieur Foromo Pécos Grovogui, le professeur en question, a filmé et partagé la vidéo sur les réseaux sociaux».
L’incident ne tarde pas à remonter jusqu’au directeur préfectoral de l’éducation de Gueckédou, Mamadou Dian Diallo, qui prend les choses en main sans délai.
« J’ai été interpellé par le syndicat depuis Conakry qu’un enseignant de Kondembadou était menacé par un élève avec une machette. Après, ils m’ont envoyé la vidéo et, du coup, pour éviter le pire, j’ai regroupé mon staff. Nous avons appelé le principal du collège pour demander au sous-préfet de déployer les agents afin de procéder à l’interpellation de l’élève et du professeur et de les conduire ici. Le principal a agi comme demandé. C’est la première disposition que nous avons prise », a-t-il déclaré.
Le DPE apporte également un éclairage sur le contexte qui a précédé l’incident.
« Selon les informations qui m’ont été remontées, l’élève a été pris avec un téléphone en pleine évaluation. Lorsque le professeur lui a retiré le téléphone, il n’a pas apprécié. Après les épreuves, il a demandé qu’on lui remette son téléphone et, ce matin également, il est allé voir le professeur à son domicile pour récupérer l’appareil. Mais ce dernier lui a dit que ce n’était pas chez lui qu’il devait venir réclamer le téléphone, mais plutôt à l’école. C’est ainsi que ce matin il est venu menacer l’enseignant. Dès leur arrivée ici, j’ai mis en place une commission pour les entendre », a-t-il expliqué.

Puis d’ajouter : «À l’issue de cela, j’ai appelé la police et mis à sa disposition l’élève et l’enseignant. L’école n’est pas un lieu de violence, il faut que cela cesse. Alors que nous nous acheminons vers les examens nationaux dans quelques semaines, les téléphones sont formellement interdits. Tout candidat qui sera pris avec un appareil dans un centre d’examen sera sanctionné pour fraude et tout surveillant qui sera également pris avec un téléphone subira la rigueur de la loi».
L’élève et l’enseignant se trouvent désormais au commissariat central de police de Gueckédou pour audition.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano pour ledjely.com




