L’affaire impliquant le directeur général de l’hôpital Jean Paul II, Soriba Soumah, et ses coaccusés s’est poursuivie ce lundi 15 juin 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), dans sa phase des réquisitions et plaidoiries.
Dans sa plaidoirie, Me Saa Dissi Millimono, représentant de l’État guinéen dans ce dossier, a sollicité plusieurs condamnations pécuniaires. Il a notamment demandé la condamnation solidaire des prévenus au paiement de 3 milliards 670 millions 567 mille 215 francs guinéens, représentant les 30 % versés par l’État dans le cadre de l’acquisition d’équipements.
Par ailleurs, il a requis la condamnation solidaire de Soriba Soumah et de Mohamed Sangaré au paiement de 745 millions 500 mille francs guinéens pour des activités présumées fictives, ainsi que de 3 milliards 106 millions 734 mille francs guinéens pour des sorties frauduleuses de fonds.
L’avocat a également demandé la condamnation de Soriba Soumah au remboursement de 270 millions de francs guinéens versés à une prétendue société de gardiennage, de 7 millions 20 mille francs guinéens retirés de la caisse du bloc opératoire, ainsi qu’à la restitution de 10 millions de francs guinéens perçus à titre de prime alors qu’il était suspendu.
Me Millimono a aussi sollicité la restitution du groupe électrogène de l’hôpital Jean Paul II ou, à défaut, le paiement de sa valeur estimée à 70 millions de francs guinéens.
Au titre des dommages et intérêts, il a demandé la condamnation de chacun des prévenus au paiement d’un milliard de francs guinéens au profit de l’État guinéen, ainsi que l’exécution provisoire de la décision à intervenir et la saisie des biens identifiés des prévenus au bénéfice de l’État.
De son côté, le ministère public, représenté par le substitut du procureur, Biwon Millimono, a requis que Soriba Soumah soit déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés. Pour la répression, le parquet a demandé sa condamnation à 10 ans d’emprisonnement, au paiement d’une amende de 50 millions de francs guinéens et à la confiscation de l’ensemble de ses biens.
S’agissant du fournisseur Ismaël Traoré, le parquet a requis qu’il soit reconnu coupable de complicité dans les faits reprochés au directeur général de l’hôpital Jean Paul II. Il a demandé sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 25 millions de francs guinéens.
Dans sa dernière déclaration, Soriba Soumah a affirmé être de bonne foi et avoir agi pour le bon fonctionnement de l’hôpital. « Je suis victime de ma bonne foi. Tout ce que j’ai eu à faire, c’était pour le bon fonctionnement de notre institution. Je n’ai jamais eu l’intention de détourner un centime de l’État à mon bénéfice », a-t-il indiqué.
Il a également ajouté : « Je m’en remets à la volonté de Dieu ».
De son côté, Ismaël Traoré a déclaré : « Être devant la CRIEF, loin d’être une fatalité, m’a permis de laver mon honneur. Je n’ai jamais eu l’intention de détourner quoi que ce soit (…) Je m’en remets à votre sens de la justice ».
Après ces échanges, le juge a renvoyé la décision au 29 juin 2026.
Balla Yombouno




