Quelques jours après l’assassinat de Sogbè Diallo dans la commune rurale de Kantoumanina, préfecture de Mandiana, le principal suspect est désormais entre les mains des services de sécurité. Nassou Mamadi Sangaré a été interpellé ce samedi 12 septembre 2026 dans une localité située au Mali, avant d’être ramené à Mandiana.
Entendu par les enquêteurs, le suspect est revenu sur les circonstances du drame et a livré sa version des faits, évoquant notamment des tensions anciennes entre les deux familles.
Selon Nassou Mamadi Sangaré, les différends avec Sogbè Diallo auraient commencé sur fond de tensions familiales, notamment autour d’une supposée infidélité et d’insultes visant leurs mères respectives.
Face aux enquêteurs, il a indiqué : « Il y a eu une incompréhension entre moi et sa famille. C’est ainsi qu’elle est allée dans mon village pour insulter ma mère, sous prétexte que je la trompe avec une autre fille. Donc je l’ai frappée et elle s’est blessée. Je l’ai envoyée à l’hôpital pour les soins. Après ça, elle a encore insulté ma mère, je suis allé informer ses parents. Ceux-ci m’ont dit que c’est entre elle et moi, et qu’ils n’ont plus rien à voir dedans. À mon retour, je suis tombé sur elle, j’ai voulu me jeter sur elle, et cela a coïncidé à l’arrivée de sa mère qui m’a traité de fils de prostituée qui a quitté chez lui pour venir agresser sa fille à la maison. Alors moi aussi j’ai retourné l’injure contre sa mère. C’est ainsi que sa famille a décidé de rompre le lien du projet de mariage entre leur fille et moi ».
Malgré la rupture du projet de mariage, Nassou Mamadi Sangaré affirme que les deux jeunes ont continué à garder contact. Il dit notamment avoir aidé Sogbè Diallo à se rendre à Kankan et lui avoir fourni une nouvelle puce téléphonique après son retour de Conakry.
« Après cela, elle ne venait plus me voir dans mon village, mais quand je venais à Kantoumanina, elle prenait ma moto pour faire ses courses. Nous sommes restés ainsi. Je l’ai envoyée à Kankan et moi je suis allé à Conakry pour un projet de voyage qui n’a pas marché. Mais pendant ce temps, il n’y avait plus d’appel entre nous. À mon retour, je suis allé la voir chez son beau-frère à Kankan, et je lui ai donné une puce. Après, nous avons repris contact et je lui ai même envoyé l’argent pour qu’elle achète un téléphone. Donc nous sommes restés dans cette situation. Elle m’a appelé un jour, et c’est une autre personne qui a répondu à l’appel. Elle a insulté la mère de cette dernière, et m’a envoyé un message vocal pour insulter ma mère. Elle m’a dit qu’elle n’avait plus besoin de moi. Donc le jeudi, elle m’a dit de lui envoyer le transport pour qu’elle retourne au village, je lui ai envoyé 150 mille francs guinéens. À son retour au village, elle ne répondait plus à mes appels », a-t-il poursuivi.
Le jour des faits, le suspect affirme avoir reçu un appel de Sogbè Diallo, qui lui aurait demandé de l’accompagner dans un champ d’exploitation minière artisanale. Il dit avoir refusé, avant qu’une nouvelle dispute téléphonique n’éclate entre eux.
« Maintenant le jour du drame, elle m’a appelé sur un autre numéro pour me dire de l’accompagner dans un champ de mine artisanale. Je lui ai dit que je n’irai pas parce qu’elle dit qu’elle ne veut plus de moi. Automatiquement, elle a insulté ma mère avant de raccrocher l’appel. C’est ainsi que je suis allé l’intercepter en cours de route pour lui dire de répéter ce qu’elle a dit au téléphone. C’est en ce moment-là que je l’ai poignardée », a reconnu Nassou Mamadi Sangaré.
Après l’agression, Nassou Mamadi Sangaré affirme avoir pris la fuite en direction de Kalana, au Mali. C’est depuis cette localité qu’il dit avoir appris le décès de Sogbè Diallo.
« Après l’acte, je me suis rendu à Kalana au Mali. C’est de là-bas que j’ai appris son décès à travers un appel téléphonique avec le président du district. Donc je lui ai dit d’envoyer les gens me chercher. Il a envoyé ses petits me chercher pour m’envoyer », a-t-il conclu.
Désormais entre les mains des services de sécurité à Mandiana, Nassou Mamadi Sangaré doit être entendu dans le cadre de l’enquête ouverte afin de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort de Sogbè Diallo.
À ce stade, les déclarations du suspect constituent sa version des faits. L’enquête devra notamment permettre d’établir les circonstances exactes du drame et les éventuelles responsabilités.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


