Le ton est désormais donné. A l’occasion de la cérémonie de restitution des résultats de l’Atelier stratégique de concertation, de levée des contraintes et d’accélération de la mise en œuvre des mégaprojets du Programme Simandou 2040, le Premier ministre Bah Oury a adressé un message d’une rare fermeté à l’ensemble des membres du gouvernement.
Dans un discours qui sonne comme un véritable recadrage politique, le chef du gouvernement a annoncé la fin de la période de transition et l’ouverture d’une nouvelle phase placée sous le signe de la discipline, de la responsabilité et de l’obligation de résultats. Face à ses ministres, il a rappelé qu’il est le premier responsable de la mise en œuvre du Programme Simandou 2040 devant le président de la République.
« C’est une opportunité pour moi, juste après le remaniement du gouvernement et la mise en place d’une équipe gouvernementale, d’aborder ce sujet particulièrement central de l’activité de notre pays. A cet égard, il faut que les choses soient très claires. Le Premier ministre, chef du gouvernement, est le responsable, devant le président de la République, de la mise en œuvre du Programme Simandou 2040 », a-t-il affirmé.
Affichant une ambition assumée, Bah Oury a fixé un cap clair : jeter, dans les trois prochaines années, les bases du développement de la Guinée afin de permettre au pays de franchir un nouveau palier.
« Dans les trois années à venir, nous avons l’ambition de faire en sorte que les bases du développement soient définitivement construites pour que le pays puisse envisager la suite avec beaucoup plus de bonheur et beaucoup plus de possibilités, avec plusieurs fusées qui propulseront la Guinée vers des horizons encore beaucoup plus élevés que ceux dont nous n’avons pas encore une vision concrète, parce que certains n’ont pas encore intégré ce qu’est l’esprit du Simandou », a-t-il indiqué.
Pour le Premier ministre, le Programme Simandou 2040 incarne une vision de dépassement permanent, inspirée des trajectoires de développement de plusieurs grandes puissances.
« L’esprit du Simandou, à chaque pas, c’est de se dépasser. C’est comme cela que la Chine s’est construite, c’est comme cela que les Émirats arabes se sont construits. Nous avons une ambition très forte pour que ce pays, dans les dix années à venir, je ne dis pas dans quinze ans, mais dans dix ans, ait intégralement réalisé tous les chantiers qui figurent dans le Programme Simandou 2040. C’est l’ambition, et c’est réaliste. D’où la nécessité, aujourd’hui et maintenant, d’être encore plus disciplinés », a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement a également révélé avoir adressé une lettre à tous les membres du gouvernement pour leur notifier les trois principes sur lesquels il ne fera aucune concession : la concertation, le respect de la hiérarchie et la discipline.
« De ce point de vue, j’ai écrit à l’ensemble des membres du gouvernement pour leur dire qu’il y a trois principes sur lesquels je serai intransigeant. Premièrement, la concertation, la transversalité. Ceci est un exemple de transversalité, de concertation, de co-construction, ensemble, dans la recherche des meilleures solutions pour avancer. Félicitations. Le deuxième élément, c’est de se référer. Il y a un gouvernement qui est une équipe, et il y a un chef de gouvernement, Premier ministre, qui est votre supérieur hiérarchique direct. Vous devez vous y référer. De ce point de vue, c’est indispensable, sinon, sans cette articulation, il n’est pas possible de réussir », a-t-il affirmé.
Insistant sur la nécessité d’une discipline collective, Bah Oury a averti que les comportements individuels ou les rivalités internes ne seront plus tolérés.
« Se référer implique également ce qui est un trait marquant dans nos comportements : l’indispensable nécessité de renforcer la discipline. Aujourd’hui, sans discipline, on n’ira nulle part, parce qu’on sera incapables de se concerter avec son homologue pour co-construire quelque chose qui puisse avancer. On sera incapables, par orgueil, de se référer en se disant que l’on est ceci ou cela. Les trois aspects seront non négociables, mesdames et messieurs. Faites en sorte qu’il en soit de même au niveau de vos équipes. Ce qui est valable pour vous est valable pour moi et l’est aussi pour les administrations placées sous votre responsabilité », a-t-il dit.
Le Premier ministre a, par ailleurs, lancé l’avertissement le plus fort de son intervention en affirmant que le temps de la transition est désormais révolu et que l’action gouvernementale sera désormais évaluée à l’aune des résultats obtenus.
« Le contexte nous impose cela. Le président m’a dit qu’il faut faire preuve de fermeté, et je suis d’accord avec lui. La période de la transition est terminée. Nous sommes dans le cadre de l’ordre constitutionnel. Nous sommes redevables devant le peuple de Guinée : oui ou non, sommes-nous capables d’avancer ? Le corps collectif ne peut pas réussir sans l’implication de tous. D’où les trois principes que j’ai évoqués », a-t-il conclu.
Thierno Amadou Diallo


