La Haute Autorité de la Communication (HAC) a formellement mis en demeure la chaîne « France 24 » le 16 septembre 2026, lui reprochant l’usage d’un qualificatif jugé inapproprié à l’encontre du Président Mamadi Doumbouya lors de son édition d’information du 15 septembre.
Réunie en session ordinaire le 16 septembre 2026, la Haute Autorité de la Communication a examiné un rapport d’écoute et de monitoring des médias portant sur l’édition d’information diffusée la veille par la chaîne « France 24 ». Au terme de ses délibérations, l’institution a rendu la décision n°0031/HAC/2026, portant mise en demeure du média international.
Cette décision s’appuie sur plusieurs textes de référence : la Constitution guinéenne, la Loi organique L/2020/0010/AN du 3 juillet 2020 portant création, organisation, attribution et fonctionnement de la HAC, la Loi organique L/2020/0002/AN du 22 juin 2020 relative à la liberté de la presse en République de Guinée, ainsi que le Code d’éthique et de déontologie du journalisme guinéen.
Dans les considérants de sa décision, la HAC reproche à France 24 d’avoir « délibérément utilisé un qualificatif inapproprié » pour désigner le Président de la République, Mamadi Doumbouya, lors de son édition d’information du 15 septembre 2026.
L’institution va plus loin, estimant que la chaîne a « sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes » en employant ce terme à l’encontre d’un président qu’elle qualifie de démocratiquement élu, au mépris, selon elle, de l’ordre constitutionnel restauré à la suite de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et de la prestation de serment officielle du 17 janvier 2026.
La HAC considère par ailleurs que France 24 a commis « un manquement grave à l’obligation d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre du traitement de l’information », caractérisant selon elle une atteinte à l’honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l’État guinéen. L’institution estime également que la chaîne viole les dispositions constitutionnelles et légales réprimant l’outrage envers les autorités publiques, et qu’elle ne saurait instrumentaliser la liberté de la presse pour mener, selon ses termes, une « campagne de dénigrement » ou contester la souveraineté électorale du peuple de Guinée.
Le dispositif de la décision comporte trois points principaux :
- La HAC met formellement en demeure France 24 de cesser sans délai l’utilisation de termes jugés inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes, et l’enjoint de se conformer strictement aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques.
- Invite la direction de la chaîne à opérer les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques.
- Prévient qu’en cas de non-respect de cette mise en demeure ou de récidive, la HAC se réserve le droit de prononcer les sanctions prévues par la loi à l’encontre du média.
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