Les promesses de richesse facile se multiplient sur les réseaux sociaux en Guinée. Investir une somme d’argent aujourd’hui pour récupérer davantage demain, avec des rendements présentés comme rapides et garantis : derrière ces offres alléchantes, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) voit surtout le risque d’une vaste escroquerie financière.
Dans un communiqué daté du 6 août 2026, l’institution monétaire tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des campagnes de sollicitation du public autour des crypto-actifs et des systèmes d’enrichissement rapide.
Sur les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques, des offres d’investissement circulent et promettent des gains importants à ceux qui acceptent d’y placer leur argent. Un phénomène qui inquiète la BCRG, qui appelle les citoyens à ne pas se laisser séduire par des promesses de rendements élevés.
Le message de la Banque centrale est sans ambiguïté. Elle affirme n’avoir délivré « aucun agrément ni autorisation » à des entités, entreprises ou individus exerçant en Guinée des activités de collecte de fonds publics, de placement, de négoce ou d’investissement en cryptomonnaies.
Autrement dit, toute structure qui sollicite de l’argent auprès du public pour l’investir dans des crypto-monnaies sans disposer d’une autorisation officielle agit, selon la BCRG, en dehors du cadre légal.
L’institution rappelle également que le franc guinéen demeure la seule monnaie ayant cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire national. Les crypto-actifs, notamment le Bitcoin et les monnaies virtuelles, ne sont pas considérés comme une monnaie légale et ne sont couverts par aucune garantie de la Banque centrale.
La BCRG ne se contente pas de mettre en garde contre les risques liés aux cryptomonnaies. Elle pointe directement du doigt les mécanismes utilisés par certaines plateformes.
Selon elle, ces offres présentent « toutes les caractéristiques d’escroqueries financières de type pyramidal (systèmes de Ponzi) ».
Le principe est connu : les premiers souscripteurs peuvent recevoir des gains financés par l’argent apporté par les nouveaux participants. Ces premiers résultats servent ensuite d’argument pour attirer davantage de personnes et injecter toujours plus d’argent dans le système.
Mais lorsque les nouvelles contributions diminuent ou cessent, le mécanisme s’effondre, avec à la clé la perte totale des économies engagées, prévient la Banque centrale.
Face à la multiplication de ces pratiques, la BCRG indique avoir donné des instructions fermes aux établissements de monnaie électronique (EME) et aux prestataires de services de paiement (PSP).
Ces acteurs doivent notamment identifier, bloquer et signaler les comptes de paiement ou portefeuilles électroniques utilisés à des fins d’escroquerie financière.
Une mesure qui vise directement les circuits de paiement utilisés par les promoteurs de ces systèmes frauduleux.
La Banque centrale invite les épargnants et les acteurs économiques à ne pas céder aux promesses de gains faciles.
Elle recommande notamment de ne jamais verser de fonds dans un schéma d’investissement non agréé et de vérifier systématiquement qu’un établissement proposant un placement dispose bien d’un agrément de la BCRG.
Cette nouvelle mise en garde intervient alors que les réseaux sociaux sont devenus un terrain privilégié pour la promotion de nombreuses offres financières présentées comme des opportunités exceptionnelles.
Avec des témoignages de prétendus investisseurs, des captures d’écran de gains et des promesses de revenus quotidiens, certaines campagnes peuvent donner l’impression que l’enrichissement est à portée de clic.
Pour la BCRG, le message est clair : en matière d’investissement, une promesse de gains rapides ne doit jamais remplacer la vérification de la légalité et de la fiabilité de l’opération.
N’Famoussa Siby


