Le drame survenu dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août 2026 à Hafia 1, dans la commune de Dixinn, continue de susciter émotion, colère et interrogations. Cinq personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessées dans l’effondrement d’un immeuble en construction.
Parmi les témoins de cette tragédie, Lamine Camara, habitant du quartier et voisin du chantier, affirme avoir constaté des signes inquiétants plusieurs heures avant l’effondrement. Selon son témoignage, il aurait même alerté les responsables du quartier sur le danger que représentait le bâtiment.
« Moi, je suis ici, au quartier Hafia. Je suis venu voir l’action là maintenant. Je suis rentré dedans, j’ai pris la photo du pilier. Je me suis dirigé vers le chef de quartier directement. Je leur ai dit de venir arrêter le chantier parce qu’avec le cas-là, c’est très dangereux », raconte-t-il.
À la suite de cette alerte, les responsables du quartier se seraient rendus sur les lieux. Mais, quelques heures plus tard, malgré les inquiétudes exprimées, des interventions auraient encore eu lieu sur le chantier.
Selon Lamine Camara, vers la fin de l’après-midi, le chef du chantier aurait lui-même demandé aux occupants de quitter leurs concessions, estimant que l’étage risquait de s’effondrer.
« Quand je suis revenu, à 17 heures, le chef du chantier a dit aux gens de sortir de leur concession, que l’étage allait tomber. Les gens sont sortis vers 16 heures. Après, l’ingénieur est parti chercher les fers. Il a mis les fers en bas du pilier et il a dit que les gens pouvaient rentrer maintenant », relate-t-il.
Toujours inquiet face au danger qu’il percevait, le voisin affirme avoir une nouvelle fois tenté de convaincre les occupants de ne pas passer la nuit dans le bâtiment.
« Moi, je suis venu la nuit. J’ai dit : non, il ne faut pas que vous dormiez ici. Allez dormir dans votre salon là-bas. Moi, je préfère ça. Mais les gens n’ont pas pu comprendre », témoigne-t-il.
Lamine Camara explique être resté à l’extérieur avec les occupants jusqu’en début de soirée, avant de regagner son domicile.
« On est resté dehors jusqu’à 20 heures, 21 heures. On faisait le thé. J’ai dit aux gens : moi, je rentre chez moi. Il ne faut pas que vous dormiez ici », poursuit-il.
Quelques heures plus tard, son inquiétude allait malheureusement se confirmer. Aux environs de 2 heures du matin, il reçoit un appel lui annonçant l’effondrement de l’immeuble.
« À 2 heures du matin, on m’a appelé que l’étage est tombé. Je suis venu de 2 heures jusqu’à 6 heures. J’étais là », raconte-t-il, encore sous le choc.
Au-delà du récit des événements, Lamine Camara exprime une profonde détresse après avoir perdu des personnes qu’il connaissait.
« Je me sens très mal. Moralement, je ne suis pas prêt, sincèrement. Je ne suis pas prêt comme ça parce que j’ai perdu certaines personnes que je ne dois pas perdre actuellement. Mais comme c’est le destin de Dieu, je ne peux rien et on ne peut rien aussi », confie-t-il avec émotion.
Ce témoignage soulève de nouvelles interrogations sur les alertes qui auraient précédé l’effondrement, les conditions dans lesquelles les occupants auraient regagné les lieux et les mesures qui auraient pu être prises pour éviter le drame.
Alors que les autorités ont annoncé la poursuite des investigations, les témoignages des riverains pourraient contribuer à établir la chronologie des événements et à déterminer les éventuelles responsabilités dans cet effondrement meurtrier.
Thierno Amadou Diallo


