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Interpellation de Toumany Camara à Kôba (Kankan) : le parquet apporte des précisions

A Kôba, une localité située à environ 15 kilomètres de la ville de Kankan, une opération des officiers de police judiciaire avait provoqué des tensions entre les forces de l’ordre et certains habitants il y a quelques semaines. Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, l’affaire fait suite à une plainte pour des faits présumés de vol aggravé. Dix-sept personnes ont été interpellées dans la foulée, dont seize ont finalement été libérées, tandis qu’un présumé auteur a été maintenu en détention et orienté vers une procédure de jugement en flagrant délit.

Selon Fodé Bintou Keïta, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, tout est parti d’une plainte déposée au commissariat central de Kankan par un citoyen de Kôba. Le plaignant accuse plusieurs personnes de faits présumés de vol par effraction et de vol en réunion.

« Il y a un citoyen de la localité de Kôba, à 15 kilomètres de la ville de Kankan, qui a porté plainte au commissariat central de Kankan pour des faits présumés de vol par infraction, mais également vol en réunion, dont les éléments selon le plaignant ont été identifiés par les témoins de la commission de cette infraction », explique le procureur.

A la suite de cette plainte, des convocations ont été adressées à plusieurs citoyens de Kôba afin qu’ils comparaissent devant les officiers de police judiciaire. Mais, selon le procureur, certains des concernés ont refusé de répondre aux convocations.

« Dans ce registre donc, les officiers de police judiciaire ont acheminé des convocations, et les convocations sont arrivées à destination, précisément à Kôba, contre certains citoyens de cette localité poursuivis respectivement pour des faits présumés de vol aggravé. Dans ce registre, ayant reçu la convocation, ils ont refusé de comparaître », précise Fodé Bintou Keïta.

Face à ce refus, une réquisition de comparution forcée aurait été délivrée, conformément aux dispositions légales. Les officiers de police judiciaire se sont alors rendus à Kôba pour procéder à l’interpellation des personnes concernées.

« Nous avons signé une réquisition en fin de comparution forcée, conformément à la loi. Les officiers de police judiciaire ont effectué le déplacement pour aller interpeller les quatre présumés qui sont poursuivis pour ces faits-là. Dans ce registre donc, ils ont réussi à mettre main sur l’un d’entre eux, les autres n’ayant pu être appréhendés ce jour », poursuit le procureur.

L’interpellation de l’un des présumés suspects aurait ensuite provoqué une réaction de certains jeunes de la localité. Ces derniers auraient barricadé la voie publique et empêché la circulation, entraînant de nouvelles interpellations.

« Dans la foulée donc de cette procédure, après cette interpellation, certains jeunes de ladite localité ont donc décidé de s’opposer à la force publique. Ils ont donc barricadé la voie publique, ils ont empêché la circulation. Donc il y a eu des interpellations », rapporte le procureur.

Au total, 17 personnes ont été conduites à la brigade de recherche de Kankan pour des faits présumés de violence, de troubles à l’ordre public et d’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions.

Mais après vérification, les autorités judiciaires ont estimé que 16 de ces personnes n’étaient pas directement impliquées dans les faits poursuivis.

« Dans ce registre donc, il a été établi, en tout cas de manière formelle, que la seconde vague des personnes qui ont été interpellées, au nombre de 17 personnes, il n’y avait pas de soupçons contre l’ensemble de ces personnes », indique Fodé Bintou Keïta.

En l’absence de soupçons suffisants à leur encontre, les 16 personnes ont donc été libérées le même jour.

« Donc puisqu’il n’y a donc pas de soupçons contre ces personnes, et la victime elle-même a dit que ces gens-là ne sont pas opposés à la force publique, le même jour, on a pris la décision en vertu du principe de l’opportunité de poursuite, en tant que directeur des enquêtes, on a libéré ces différentes personnes, et elles sont rentrées chez eux sans incident », ajoute le procureur.

Pour la 17ᵉ personne interpellée, la situation est différente. Selon le procureur, les éléments recueillis au cours de l’enquête ont fait apparaître des soupçons suffisants justifiant son maintien en détention.

« La dernière personne, parce qu’ils étaient au nombre de 17 qui ont été interpellées, il a été établi pour nous l’accusation, nous avions estimé qu’il existait, contre le présumé voleur, des soupçons pour des vols aggravés », explique Fodé Bintou Keïta.

Le dossier a ainsi été orienté en flagrant délit afin que le mis en cause soit jugé conformément aux délais prévus par le Code de procédure pénale.

Selon le procureur, le suspect est soupçonné d’avoir participé à l’effraction de la porte du plaignant et au vol de plusieurs biens, notamment 150 matelas.

« Ce qu’il faut noter, la personne est poursuivie, selon les soupçons qui sont dans le dossier, pour avoir pris la responsabilité sur lui et son groupe d’aller effracter la porte du plaignant, sortir 150 matelas, mais également vandaliser les biens appartenant à ce dernier », affirme le procureur.

Les enquêteurs disposent également, selon lui, de témoignages et de supports audiovisuels qui auraient permis d’identifier certains suspects.

« Les témoins ont été entendus à l’enquête préliminaire, ces témoins ont reconnu de manière formelle, en produisant bien sûr les photos, les vidéos qui ont été mises à nos dispositions, ou visiblement apparaissent sur la vidéo que nous détenons aujourd’hui, l’un des suspects qui a été indexé », indique-t-il.

Fodé Bintou Keïta ajoute que le suspect aurait également été identifié par le gardien des lieux et par le propriétaire des biens concernés.

« Non seulement par le gardien des lieux qui apparaît visiblement sur la vidéo, mais également il a aussi été indexé de manière formelle par le propriétaire qui est plaignant dans cette procédure », poursuit-il.

Alors que l’affaire pourrait susciter des interprétations autour d’éventuels conflits liés aux activités d’exploitation ou à la dégradation de l’environnement dans la localité, le procureur de Kankan tient à apporter une précision.

Michel Yaradouno, depuis Kankan

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