Interpellés au début du mois d’août pour des faits présumés de menace d’incendie visant le domicile de madame le maire de la commune rurale de Ouendé Kénèma, Mohamed Fadiga, Sékouba Konaté et Faya Alexis Kamano, tous membres du Bloc Libéral (BL), ont comparu ce mercredi 12 août 2026 devant le Tribunal de première instance de Guéckédou. Deux d’entre eux sont des conseillers communaux.
À la barre, les prévenus ont tous rejeté en bloc les faits qui leur sont reprochés, clamant leur innocence.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Guéckédou, Patrice Koma Koivogui, a requis une peine de deux ans de prison assortie de sursis et un million de francs guinéens d’amende contre Faya Alexis Kamano, présenté comme le cerveau de l’affaire. Pour les deux autres prévenus, le procureur a indiqué n’avoir trouvé aucun indice permettant de les incriminer et a demandé leur relaxe pure et simple.

Pour justifier ses réquisitions contre Faya Alexis Kamano, Patrice Koma Koivogui a estimé que la menace d’incendier la concession de la mairesse, Yawa Joséphine Millimouno, serait préméditée. Il a notamment évoqué la publication, le 15 juin 2026, d’un communiqué du bureau national du BL s’opposant à la décision du tribunal de Guéckédou donnant la victoire au candidat de la GMD à Ouendé Kénèma.
Dans sa décision, le président de l’audience, Ibrahima Kaba, a finalement relaxé les trois prévenus pour délits non constitués.
Plaidant non coupable en faveur de ses clients, Me Labila Michel Sonomou s’est réjoui de cette décision. « J’exprime toute ma satisfaction parce que la justice guinéenne est souvent critiquée, mais moi, je fais confiance à cette justice. Il y a des magistrats qui sont courageux pour dire le droit sans aucune pression. Et c’est ce qui s’est passé dans ce dossier. Mes trois clients étaient poursuivis par la mairesse de Ouendé Kénèma pour des faits de menace. Alors, à l’examen de ce dossier, les faits n’ont pas été suffisamment prouvés. Il n’y a pas eu de preuves matérielles de la commission de ces infractions par mes clients. À l’issue des débats qui se sont tenus devant ce tribunal, le tribunal a finalement rendu sa décision en déclarant mes clients non coupables des faits qui leur sont reprochés et en ordonnant immédiatement leur mise en liberté. Je ne peux qu’exprimer ma joie », a déclaré Me Labila Michel Sonomou.

Il faut noter que Yawa Joséphine Millimouno, mairesse de Ouendé Kénèma, avait porté plainte contre deux conseillers communaux du BL et le secrétaire sous-préfectoral du même parti pour des faits présumés de menaces d’incendie visant son domicile.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano


