La Fédération Guinéenne de Football, depuis 10 ans, se noie dans une persistante crise de principes, de règles mais aussi et surtout de conflits de leadership, de managements sinon d’intérêts inconciliables. Face à cette récurrente perturbation non sans néfastes conséquences sur la pratique de l’activité elle-même et ses résultats souhaités, la Guinée n’a pas droit à l’impasse sur l’expertise de ses très rares ressources vivantes en la matière tels les Présidents Baba Sacko, ancien Président de la Fédération Guinéenne de Football ou Almamy Kabèlè Camara, ancien vice-président de la CAF.
La démission, le 09 juillet 2026, de Monsieur Mamadou Alpha Hann (faisant chuter de 13 à 6 membres soit moins des 50 % de l’effectif légalement requis du bureau) entraînant de facto la dissolution du Comité Exécutif marque le crash d’une décennale turbulence qui n’a cessé de secouer l’appareil directif du Football.
L’on se souvient que le 8 avril 2025, les membres du même Comité Exécutif ont désavoué par une motion de censure leur Président, Monsieur Aboubacar Dinah Sampil, que les membres statutaires ont entériné, lors de la 18ème Assemblée Générale Ordinaire du 08 mai 2025, par un massif vote de 51 voix sur 53 et 2 bulletins nuls.
Ainsi, à mi-mandat, le bureau élu, le 06 janvier 2024, a réussi la performance ou la contreperformance de démettre son Président, Monsieur Aboubacar Dinah Sampil remplacé par un vice-président en l’occurrence Monsieur Sory Doumbouya Sorel, et de se dissoudre, le 11 juillet 2026, à cause de son incapacité à se mettre d’accord sur l’essentiel où le minimum exigeant que les intérêts du Football Guinéen soit au dessus de toutes considérations d’où le respect scrupuleux des textes.Aujourd’hui, le moins qu’on puisse constater est simple. L’animosité les conflits de personnes ou la guerre de leadership s’aiguise, le fossé de la division s’élargit et s’approfondit au fil du temps que les années s’enchaînent. En l’état, il sera très difficile au futur bureau de survivre à ce virus à plusieurs têtes sans certains préalables dont le moins urgent n’est la sollicitation de personnes ressources crédibles, respectables et consensuelles. Sur ce registre, la première pensée va vers Dr Baba Sacko, ancien Président de la Fédératioon Guinéenne de Football et Monsieur Almamy Kabèlè Camara, ancien vice-président de la Confédération Africaine de Football (CAF), deux grandes figures à la fois de l’administration Guinéenne et du Football Africain souvent ignorées même à titre consultatif.
Le dernier cité, pour ne pas trop descendre aux racines de l’histoire, était encore en 2021 l’un des éminents dirigeants du Football mondial avec son statut de membre du Conseil de la FIFA. Vice-président de la Fédération Guinéenne dans les années 1980 -1990, membre du Comité Exécutif de la CAF au milieu des années 2000 et 2ème Vice-Président au début des années 2010, Président de plusieurs commissions permanentes de travail et d’organisation de compétitions jusque dans les années 2020, Monsieur Almamy Kabèlè Camara « co-président de la CAF« , pour reprendre la formule et la réalité de son influence auprès du Président Issa Hayatou, est l’un des artisans de la stabilité, de l’esprit de responsabilité et d’indépendance ainsi que des formidables progrès enregistrés durant les 3 décennies du règne du Camerounais avant le coup d’état et le début de la coloniale décennie de Gianni Infantino à travers le Malgache Ahmad Ahmad (à développer prochainement).
Dans sa posture, le Président Almamy Kabèlè Camara, sur tous les fronts Africains, a prévenu ou éteint mille et une crise au niveau des Associations membres de la CAF.Et même si le principe a voulu que son statut continental avec les premières responsabilités au sommet de la CAF « occulte automatiquement le manteau national au profit des 54 nations qui la compose », régulateur avisé, le Président Almamy Kabèlè Camara, de manière très intelligente a toujours œuvré, dans le respect des statuts et règlements intérieurs de la CAF, afin que le pays ne soit pas lésé, que la Fédération Guinéenne de Football entretienne de très bonnes relations avec les institutions internationales et qu’elle soit bien notée par ses activités. Sous le contrôle de l’actuel patron du Football Guinéen, Ibrahima Blasco Barry, témoin et acteur de cette époque, on je témoigne que le prestige du Président Almamy Kabèlè Camara, son sens managériale, sa proximité avec le Président Issa Hayatou, sa crédibilité et le respect que lui vouent les associations membres ont ainsi permis à plusieurs cadres du Football Guinéen de siéger au sein de presque toutes les commissions permanentes de travail battant parfois le record de membres admis par pays, d’être commissaires agréés de la CAF. Il a même sauvé de la désespérance de l’oubli certains anciens dirigeants du Football Guinéen par leur cooptation au sein des commissions de la CAF comme feu Aboubacar Bruno Bangoura nommé dans la prestigieuse commission Interclubs.
Depuis son arrivée au Comité Exécutif de la CAF, le Président Almamy Kabèlè Camara a toujours été précieux dans ses services et gestes à la délégation sportive Guinéenne à chaque fois que le Syli National, dans toutes ses catégories, a participé à une phase finale d’une compétition de la CAF.
En grande partie, avec tous les atouts évoqués, c’est à ce Patriote dans l’âme que la Guinée doit l’attribution initiale, avant le lancement de l’appel à candidature, de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de 2023 avec un dossier peu consistant déroulé à Addis-Abeba en septembre 2014 dans le cadre des éditions 2019 et 2021.Au regard de tout ce qui précède, le Football Guinéen, pour stopper son hémorragie, a besoin de l’envergure du Président Almamy Kabèlè Camara que la défaillance de l’Etat malheureusement met à l’étroit heureusement encore bien portant, sans doute que la disponibilité du Président Almamy Kabèlè Camara, comme par le passé, ne sera jamais au dessus de l’intérêt du football guinéen.
Abdoulaye Condé


