La disparition de Sidya Touré continue de provoquer de nombreuses réactions dans la classe politique guinéenne. Parmi les hommages, celui de Cellou Dalein Diallo revêt une dimension particulière. L’ancien Premier ministre revient sur des décennies de collaboration, de proximité politique et d’épreuves partagées avec le défunt, qu’il décrit comme un « ami, un compagnon de route et de lutte ».
Le président de l’UFDG déplore la disparition d’un « homme d’État au parcours exceptionnel », qu’il décrit également comme un technocrate « compétent et rigoureux ». Il rappelle le passage de Sidya Touré à la Primature, marqué selon lui par la reprise des relations avec les institutions de Bretton Woods, la poursuite des réformes, les efforts autour de la problématique de l’électricité et la relance de la croissance économique.
Cellou Dalein Diallo, qui faisait partie du gouvernement dirigé par Sidya Touré après les événements des 2 et 3 février 1996, revient également sur leur collaboration à cette période. Il évoque notamment plusieurs missions effectuées ensemble à l’étranger, notamment à Washington, Bruxelles et Paris, pour renforcer les relations économiques et la coopération de la Guinée avec ses partenaires.
Leur proximité s’est ensuite prolongée sur le terrain politique. Selon Cellou Dalein Diallo, les deux hommes partageaient des convictions libérales et ont mené plusieurs combats politiques côte à côte. Il rappelle leur alliance lors du second tour de la présidentielle de 2010 ainsi que leur participation à la création du Collectif des partis politiques, devenu par la suite l’Opposition Républicaine.
Mais l’ancien Premier ministre affirme que leur destin commun a également été marqué par les difficultés et les épreuves politiques.
« Décidément, Sidya Touré et moi avons des destins croisés, souvent amenés à porter la même croix et parfois aussi à subir ensemble des brimades », écrit-il, en faisant référence notamment aux difficultés rencontrées par leurs formations politiques, à leur radiation du fichier électoral et à leur exil en Côte d’Ivoire.
Pour Cellou Dalein Diallo, la disparition de Sidya Touré représente ainsi la perte d’un proche au-delà des clivages politiques.
« Je perds, avec la disparition de Sidya Touré, un ami, un compagnon de route et de lutte, avec lequel je partageais des convictions fortes, un attachement viscéral pour la Guinée », témoigne-t-il.
Pour rappel, Sidya Touré vivait en exil en Côte d’Ivoire depuis 2022, après la récupération de sa maison par les autorités guinéennes. C’est depuis Abidjan qu’il poursuivait son engagement politique, avant de s’éteindre à Paris à l’âge de 81 ans.
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