Ce jeudi 4 juin au Carrefour Canadien, dans le quartier de Lambanyi, l’effondrement partiel d’un immeuble a provoqué une vive inquiétude dans le voisinage. Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les dégâts matériels sont importants. Sur place, plusieurs habitants évoquent la prolifération des forages comme un facteur possible de fragilisation des constructions dans ce secteur.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur les lieux du drame, la prolifération des forages dans ce secteur pourrait être à l’origine de la dégradation des bâtiments. D’ailleurs, des signes avant-coureurs avaient été observés depuis plusieurs semaines.
D’importantes fissures étaient apparues sur l’immeuble, poussant même certaines familles à quitter les lieux avant l’effondrement.
Parmi les premiers témoins de l’incident figure Camara Mohamed, un habitant du quartier. Il explique : « La personne qui habite dans cette maison est une connaissance à moi. En discutant avec elle, elle m’a expliqué que de petits débris avaient commencé à tomber alors qu’elle se trouvait encore à l’intérieur. Quelques instants après, une importante fissure est apparue et elle a quitté les lieux en courant. Heureusement, il n’y avait pratiquement personne dans le bâtiment au moment de l’effondrement ».
Comme d’autres témoins et habitants de la zone, il établit un lien entre la dégradation des bâtiments et la multiplication des forages.
« À Lambanyi, particulièrement au Carrefour Canadien, il y a des forages partout. Certaines concessions disposent même de plusieurs forages en activité. Quand vous observez les maisons du quartier, vous remarquez qu’il existe des fissures un peu partout. Pourtant, beaucoup de propriétaires se contentent de masquer ces fissures au lieu de traiter le problème à la base. Les nouveaux locataires ignorent souvent les risques qu’ils encourent. Si rien n’est fait pour réglementer les forages et contrôler davantage les constructions, nous risquons d’assister à des situations beaucoup plus graves à l’avenir », a-t-il averti.
De son côté, Fofana Mohamed, chef du secteur Canadien, explique que les habitants avaient déjà alerté les autorités compétentes sur les risques encourus.
« Nous avions observé des fissures importantes sur le bâtiment et nous avons aussitôt informé les propriétaires. Les autorités locales étaient également au courant de la situation. Nous pensions qu’un jour cela pourrait arriver, mais personne ne s’attendait à ce que cela se produise précisément ce matin. Quand nous avons vu les premières fissures, nous avons compris qu’il y avait un problème sérieux au niveau de la structure », a-t-il déclaré.
Selon ce responsable local, plusieurs facteurs pourraient expliquer cet effondrement.
« Les raisons peuvent être multiples. Ce que nous avons constaté, ce sont d’abord les fissures qui se multipliaient. Ensuite, il faut aussi parler des nombreux forages réalisés dans le secteur. Mais il y a une autre réalité que beaucoup ignorent. Historiquement, cette zone était traversée par une artère souterraine d’eau. Dans les années 1990 et au début des années 2000, les femmes venaient y laver leurs vêtements parce que l’eau y coulait naturellement. Avec le temps, les parcelles ont été vendues et les constructions se sont multipliées. Pourtant, durant les fortes pluies des mois de juin, juillet et août, l’eau continue de remonter à la surface. Il est donc possible que certaines constructions aient été réalisées sans prendre suffisamment en compte les réalités géologiques du terrain », a-t-il expliqué.
Malgré l’ampleur des dégâts matériels, il se réjouit qu’aucune perte en vie humaine n’ait été enregistrée.
« Heureusement, il n’y a eu aucune perte en vie humaine. Les occupants avaient déjà été alertés. Les boutiques situées au rez-de-chaussée étaient pratiquement abandonnées et plusieurs habitants avaient quitté les étages. La partie qui s’est effondrée correspond justement à l’endroit où se situe l’ancienne sortie d’eau souterraine. Grâce à Dieu, le pire a été évité », a-t-il ajouté.
Face à cette situation préoccupante, il est temps que les autorités prennent les dispositions nécessaires afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Balla Yombouno




