Alors que la CEDEAO traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire, marquée par le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le 69ᵉ sommet de l’organisation a débouché sur un important renouvellement de sa direction. En confiant au Sénégal les deux principaux postes de commandement, les dirigeants ouest-africains misent sur un nouveau souffle pour tenter de restaurer l’autorité et la crédibilité d’une institution confrontée à de profondes fractures.
Le sommet a réuni plusieurs chefs d’État de la sous-région, notamment Julius Maada Bio de la Sierra Leone, hôte de la rencontre, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Bola Ahmed Tinubu du Nigeria, John Dramani Mahama du Ghana, Joseph Boakai du Liberia, Adama Barrow de la Gambie, Faure Gnassingbé du Togo, José Maria Neves du Cap-Vert, tandis que la Côte d’Ivoire avait dépêché son vice-président, Tiémoko Meyliet Koné.
Cette rencontre revêtait également un caractère particulier avec la première participation du président guinéen, Mamadi Doumbouya, ainsi que celle du Béninois Romuald Wadagni, successeur de Patrice Talon.
Le 69ᵉ sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu dimanche 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, avait pour ambition de réaffirmer la volonté des États membres de préserver l’intégration régionale. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES),aurait également été au centre des discussions entre les chefs d’Etat.
Conscient des défis auxquels fait face l’organisation, le président sortant de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a appelé les États membres à ne pas renoncer au projet d’intégration régionale.
« L’Histoire nous enseigne cependant que les périodes d’incertitude sont aussi des moments d’opportunités. Elles nous invitent à renouveler notre engagement collectif envers les idéaux de solidarité, de coopération et d’intégration qui ont inspiré les pères fondateurs de notre communauté », a-t-il déclaré.
Pour lui, les décisions issues de ce sommet auront une incidence déterminante sur l’avenir de la sous-région.
« Les décisions contribueront à façonner l’avenir de l’intégration régionale et les perspectives de plus de 450 millions de citoyens ouest-africains qui voient en la CEDEAO un instrument essentiel de paix, de progrès et de prospérité partagée », a-t-il ajouté.
Le sommet s’est également soldé par un changement à la tête des principales institutions de l’organisation. Le Sénégal en ressort comme le grand bénéficiaire en décrochant à la fois la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement et celle de la Commission de la CEDEAO.
L’ancien ministre sénégalais des Forces armées, le général Birame Diop, succède ainsi à Omar Alieu Touray à la présidence de la Commission. De son côté, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye prend les rênes de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, avec la lourde mission de redonner de l’élan à une organisation fragilisée par les crises politiques, sécuritaires et diplomatiques de ces dernières années.
« En acceptant avec responsabilité cette mission, je m’engage à faire vivre cet héritage en l’adaptant aux défis de notre temps, à savoir la sécurité collective, la stabilité institutionnelle, la souveraineté politique et économique, ainsi qu’une voix de l’Afrique de l’Ouest plus audible et plus crédible », a assuré le président sénégalais.
Au-delà du renouvellement des dirigeants, ce sommet apparaît comme un véritable test pour l’avenir de la CEDEAO. Entre la nécessité de renouer le dialogue avec les États de l’AES et l’obligation de restaurer la confiance entre ses membres, l’organisation est désormais attendue sur des résultats concrets afin de prouver qu’elle demeure un acteur incontournable de l’intégration ouest-africaine.
N’Famousa Siby


