ledjely
Accueil » Rapport UNFPA Guinée 2025 : entre avancées structurantes et défis sanitaires persistants
ActualitésGuinéePolitiqueSociété

Rapport UNFPA Guinée 2025 : entre avancées structurantes et défis sanitaires persistants

L’UNFPA Guinée a présenté  son rapport d’impact 2025, en présence des partenaires nationaux, du Système des Nations Unies, de la société civile et des médias. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de transparence et de redevabilité autour des actions menées en faveur des femmes, des jeunes et des populations vulnérables.

Le rapport 2025 met en évidence une année marquée par des progrès dans le renforcement des systèmes de santé reproductive, l’amélioration des données démographiques et la consolidation des politiques publiques en Guinée.

Dans un pays où la croissance démographique reste élevée, les interventions visent à garantir un meilleur accès aux droits sexuels et reproductifs et à renforcer la qualité des services de santé essentiels.

Pour Anita Akumiah, représentante de l’UNFPA en Guinée, ce rapport dépasse la simple statistique.

« Ce rapport que nous présentons n’est pas une simple compilation de chiffres ou de données. Il est le reflet de vies transformées, de promesses tenues et d’un engagement indéfectible envers les populations les plus vulnérables de notre pays, en particulier les femmes et les jeunes », a-t-elle déclaré.

Le mandat de l’UNFPA repose sur une ambition claire : zéro décès maternel évitable, zéro besoin non satisfait en planification familiale et zéro violence basée sur le genre ainsi que les pratiques néfastes.

Mais cette ambition se déploie dans un contexte démographique exigeant : la Guinée compte plus de 17 millions d’habitants et enregistre une croissance annuelle de 3,1 %, avec une population majoritairement jeune. Les défis restent importants.

« Avec un taux de 501 décès maternels pour 100 000 naissances et une mortalité néonatale de 66 pour 1 000 naissances, nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir. La demande non satisfaite en planification familiale concerne encore 33 % des femmes en union. Les violences basées sur le genre et les pratiques discriminatoires restent des défis importants et urgents à adresser. Mais aujourd’hui, nous célébrons aussi des victoires concrètes », a-t-elle poursuivi.

Malgré ces difficultés, le rapport met en avant des avancées significatives sur le terrain.

« En 2025, l’action de l’UNFPA s’est matérialisée par des avancées majeures : des centaines de milliers de femmes ont bénéficié de services de santé sexuelle et reproductive de qualité. Pour les jeunes, nous avons investi fortement dans l’éducation complète à la sexualité, le leadership, et nous avons offert des outils permettant aux jeunes vivant avec handicap d’accéder à une information de qualité sur leur sexualité », a-t-elle souligné.

Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en Guinée, Diego Zorrilla, a insisté sur l’importance de préserver les avancées en matière de droits.

« Le travail que fait l’UNFPA, avec l’appui au ministère de la Santé, au ministère de la Jeunesse, au ministère de l’Éducation et d’autres ministères, est au cœur de beaucoup de débats de société sur les droits. Il est très important de réaffirmer la place centrale de la réalisation des droits dans la vie personnelle de chacun, notamment des jeunes femmes et des jeunes filles en Guinée. Face à des voix qui peuvent s’élever avec des idées de restriction, il faut défendre toutes les avancées qui ont été faites », a-t-il martelé

La collaboration entre l’UNFPA et l’UNICEF se poursuit notamment sur les questions de mutilations génitales féminines.

« Nous tenons à remercier l’UNFPA et à les féliciter pour cet excellent travail et les résultats satisfaisants présentés. Nous nous réjouissons de la collaboration parfaite avec l’UNFPA. Nous mutualisons nos efforts et nos ressources depuis 2008 à travers un programme conjoint pour adresser les questions de mutilations génitales féminines en Guinée », a indiqué Mahamat Nour Molli.

Le représentant adjoint aux opérations de l’UNICEF en Guinée, Mahamat Nour Molli, reconnaît toutefois la persistance de pratiques sociales difficiles à éradiquer, tout en se montrant confiant pour 2030.

Selon le rapport présenté devant les partenaires, avec plus de 17 millions d’habitants, dont près de 41 % âgés de moins de 15 ans, la Guinée fait face à une forte pression sur les services sociaux essentiels.

Les indicateurs de santé reproductive restent préoccupants :

  • 4,6 enfants par femme
  • 501 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes
  • 66 décès infantiles pour 1 000 naissances
  • 32 décès néonatals pour 1 000 naissances
  • 7,4 % de prévalence contraceptive
  • 33 % de besoins satisfaits en planification familiale
  • 95 % de prévalence des mutilations génitales féminines
  • 37 % de femmes victimes de violences basées sur le genre

Ces chiffres illustrent un contraste entre efforts engagés et défis encore majeurs.

Des progrès dans les données et la planification

Le rapport souligne également des avancées importantes en matière de gouvernance :

  • Finalisation du RGPH4
  • Amélioration de la production statistique nationale
  • Plus de 500 000 interventions stratégiques en appui aux politiques publiques
  • Renforcement du plaidoyer pour la planification familiale

Ces efforts permettent une meilleure prise de décision et une planification plus efficace des politiques sociales.

Des progrès en santé reproductive, mais des écarts persistants

Le système de santé a connu des améliorations notables :

  • 130 experts formés dans le réseau SONU
  • 154 sages-femmes et 359 prestataires communautaires formés
  • 520 poches de sang disponibles pour les urgences
  • 141 000 grossesses suivies
  • 285 749 accouchements assistés
  • 126 cas de fistules obstétricales pris en charge

Cependant, la planification familiale reste limitée malgré une disponibilité des contraceptifs estimée à 93 %.

  • 124 133 familles couvertes
  • 7,4 % de couverture contraceptive
  • 484 agents de santé renforcés

Violences basées sur le genre : une réalité persistante

Les données montrent une situation encore préoccupante :

  • 95 % de prévalence des mutilations génitales féminines
  • 37 % de femmes victimes de violences basées sur le genre

Des actions de sensibilisation et de prise en charge sont en cours, mais un changement profond des normes sociales reste indispensable.

Jeunes et adolescents : un investissement massif

L’UNFPA met un accent particulier sur la jeunesse, avec des résultats importants :

  • 596 090 jeunes formés au leadership et à la santé sexuelle
  • 98 525 élèves formés à l’éducation complète à la sexualité
  • 864 enseignants formés
  • 1 267 jeunes accompagnés via des outils numériques
  • 325 jeunes filles soutenues dans des espaces sûrs

Des initiatives innovantes renforcent cette dynamique, notamment des formations en ligne et des programmes inclusifs pour les jeunes en situation de handicap.

Genre, protection et droits humains

Les interventions ont touché plusieurs niveaux :

  • 965 femmes mentors accompagnant plus de 20 000 filles
  • Abandon des MGF et mariages d’enfants dans 330 communautés
  • 996 victimes de violences prises en charge
  • 206 leaders religieux mobilisés
  • 414 antennes locales actives sur le terrain

Partenariats et innovations au service de l’impact

L’approche de l’UNFPA repose sur des alliances multiples :

  • Série télévisée Drap Blanc sur les violences basées sur le genre
  • Partenariats avec plusieurs fondations et ONG
  • Cliniques mobiles financées par le Japon
  • Collaboration avec l’Université College of London sur la santé mentale
  • Mobilisation de ressources communautaires et privées

Présente à la cérémonie, Asmaou Diallo, représentante des victimes du 28 septembre 2009, salue les efforts tout en appelant à renforcer l’accompagnement.

« Je peux dire que ça s’est très bien passé, malgré qu’il n’y ait pas eu un grand nombre de prises en charge des victimes du 28 septembre. L’UNFPA a pu prendre une cinquantaine de personnes. Elles ont bénéficié d’une assistance médicale et de formations génératrices de revenus. Mais il faut aller au-delà et penser surtout à la psychologie. Les femmes ont besoin d’un accompagnement durable », a-t-elle salué.

Le rapport 2025 de l’UNFPA en Guinée révèle une dynamique positive en matière de santé reproductive, de production de données et d’éducation des jeunes. Toutefois, les indicateurs de mortalité maternelle, de planification familiale et de violences basées sur le genre rappellent l’ampleur des défis encore à relever pour garantir un accès équitable aux droits fondamentaux.

N’Famoussa Siby

Articles Similaires

Élections législatives et communales : la parole donnée, la parole tenue. La Guinée achève son retour à l’ordre constitutionnel dans la dignité et la souveraineté, tandis que la GMD s’impose comme la première force politique du pays

LEDJELY.COM

Double scrutin : la GMD et ses alliés décrochent la majorité parlementaire

LEDJELY.COM

Aboubacar Koulibaly : « Simandou va être transformationnel pour la Guinée »

LEDJELY.COM

N’Zérékoré : à 20 ans, elle donne naissance à des triplés et appelle à l’aide

LEDJELY.COM

SADEN 2026 : l’IA présentée comme un levier décisif pour les PME guinéennes

LEDJELY.COM

Double scrutin : la GMD largement en tête après la publication des résultats provisoires

LEDJELY.COM
Chargement....