À la veille du lancement des examens nationaux, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, s’est voulu rassurant. Invité du journal télévisé de la RTG ce dimanche 14 juin, il a affirmé que tous les préparatifs étaient bouclés et que les autorités étaient prêtes à organiser des évaluations crédibles sur l’ensemble du territoire national. Face à près de 600 000 candidats attendus dans les centres d’examen, il promet une lutte renforcée contre la fraude et annonce une innovation majeure : l’organisation d’une session de rattrapage pour certains candidats au baccalauréat.
«Nous sommes fin prêts à attaquer la session et à dérouler des examens crédibles sur tout l’étendue du territoire national», a-t-il lancé.
Cette année, près de 600 000 candidats sont attendus dans les différents centres d’examen. Un défi logistique majeur pour les autorités éducatives qui assurent avoir pris toutes les dispositions nécessaires afin de garantir le bon déroulement des épreuves et lutter efficacement contre la fraude.
«Il s’agit d’un peu moins de 600 000 personnes qui vont entrer dans une zone d’évaluation et de stress. Mais en face de nous, nous avons aussi beaucoup de nos compatriotes, malheureusement, qui ont pris le parti de la fraude et de la facilité. Et nous les exhortons à rester tranquilles, à rester à la maison. Mais toutes les dispositions logistiques, le gouvernement à sa tête, le Premier ministre et le Président de la République, leurs instructions sont claires. Nous ne devons pas organiser des examens de barrage pour sortir des gens du système de l’éducation. Mais nous devons avoir des examens crédibles qui permettent de sécuriser non seulement le processus d’apprentissage, mais aussi d’évaluer correctement nos apprenants », a-t-il déclaré.
Le ministre a également détaillé le calendrier des évaluations. Les examens débuteront par les épreuves pratiques de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, avant l’entrée en scène des candidats au Certificat d’études élémentaires (CEE), au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) puis au Baccalauréat unique.
«Nous allons commencer par l’enseignement technique et la formation professionnelle, qui va commencer la session pratique des examens. Et le lancement officiel se fera sur toute l’étendue du territoire national. Ensuite, suivront les examens d’entrée en septembre, donc le certificat d’études élémentaires. Puis suivra le brevet d’études du premier cycle. Et en fin de compte, nous aurons le baccalauréat. Le Président, cette année, a donné des instructions claires pour raccourcir le temps de correction afin que l’on sorte des résultats le plus rapidement possible», a-t-il expliqué.
Parmi les principales innovations annoncées figure l’organisation prochaine d’une session de rattrapage pour certains candidats au baccalauréat. Une mesure qui vise à offrir une seconde chance à des élèves rencontrant des difficultés sur certaines épreuves.
«Mais aussi, dans son souci de protéger et de donner la chance à tout le monde, a instruit que l’on organise une session de rattrapage pour nos compatriotes et nos élèves qui feront le bac et qui auront des difficultés à boucler l’ensemble des théories. La session de rattrapage ne concerne pas tous les candidats au baccalauréat. Cela concernera une petite partie et nous sommes en train de travailler à organiser cela aussi», a-t-il souligné.
Au-delà des examens, Alpha Bacar Barry a insisté sur la nécessité de former des citoyens compétents et de diversifier les parcours de formation afin de mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi et aux ambitions du programme Simandou 2040.
«L’école garantira un accès à un emploi durable et productif pour les jeunes guinéens. Mais l’école devra former des citoyens compétents. Et pour faire des citoyens compétents, il faut être rigoureux dans l’apprentissage, il faut être rigoureux dans les évaluations. Et il faut surtout que l’on puisse, à l’intérieur du système éducatif guinéen, permettre à un élève d’avoir plusieurs parcours. Le parcours classique, mais aussi le parcours alternatif ou le parcours professionnel», a-t-il affirmé.
Le ministre a notamment évoqué la mise en place d’alternatives pour les élèves qui abandonnent le cursus classique, avec des formations post-secondaires orientées vers l’apprentissage des métiers, y compris dans le secteur informel. Selon lui, le développement d’un enseignement technique performant constitue une condition essentielle pour accompagner l’industrialisation du pays et répondre aux besoins futurs en main-d’œuvre qualifiée.
Concernant la participation féminine, Alpha Bacar Barry s’est réjoui de la place occupée par les jeunes filles parmi les candidats. Sur les 569 423 élèves inscrits aux examens de l’enseignement général, 264 022 sont des filles. Dans plusieurs examens, elles représentent même la majorité des candidats.
Pour le ministre, l’enjeu est désormais de maintenir ces jeunes filles à l’école et de les accompagner jusqu’à la fin de leur cursus afin de renforcer leur présence dans le monde professionnel.
Par ailleurs, il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs du système éducatif, notamment les enseignants, les parents d’élèves et les candidats, en mettant l’accent sur la lutte contre la fraude.
« Aux enseignantes et enseignants du système éducatif, je les encourage à mettre de la rigueur, du sérieux dans la conduite des examens et dans leurs circonscriptions respectives. Aux parents d’élèves, parce que ce sont les plus importants dans ce processus, j’exhorte à accompagner les élèves, à les accompagner psychologiquement, à les encourager à faire les examens, mais surtout ce sont eux les premiers qui devraient lutter contre la fraude, sensibiliser leurs élèves contre la fraude, parce qu’un parent d’élèves qui accompagne son enfant dans la fraude, il construit un citoyen de demain qui sera dans la fraude et qui va tout le temps tricher», a-t-il conclu.
N’Famoussa Siby




