La communauté portuaire de Conakry, sous la supervision du directeur général du Port autonome de Conakry, Aly Koïta, a animé un point de presse ce mercredi 24 juin 2026 pour réagir au dernier classement mondial des ports à conteneurs. Dans ce rapport, le port de Conakry figure parmi les derniers sur près de 400 infrastructures portuaires évaluées. Un classement que les responsables portuaires contestent, estimant qu’il ne reflète pas la réalité actuelle des performances du port.
Selon Aly Koïta, cette contre-performance est principalement liée aux difficultés enregistrées en 2025, marquées par une forte congestion du trafic maritime et terrestre. Il soutient que les données publiées en 2026 concernent une situation désormais dépassée et assure qu’un redressement est déjà engagé.
Le directeur général a mis en avant la forte croissance du trafic portuaire et les investissements consentis pour accompagner cette dynamique. Pour lui, l’augmentation du volume d’activité constitue avant tout un indicateur positif de la vitalité économique du pays.
« Il y a eu l’augmentation du volume du trafic à Conakry, ça, c’est évident. Cette augmentation du volume du trafic à Conakry, en termes de marchandises et de fréquence des navires, est une bonne chose, c’est salutaire. On construit un port pour qu’il y ait du volume, on construit un port pour qu’il y ait de la croissance économique, pour que le trafic soit là. Ce qui a été obtenu à Conakry très, très tôt. Depuis la prise de responsabilité du Président Mamadi Doumbouya, nous avons constaté une croissance extraordinaire de notre économie. En tout cas, au niveau du poumon de l’économie nationale, le constat a été palpable et réel. Cela s’est traduit au port de Conakry », a déclaré Aly Koïta.
Dans son intervention, il a également défendu le modèle de partenariat public-privé adopté pour moderniser les infrastructures portuaires. Selon lui, l’État ne disposait pas, à lui seul, des ressources nécessaires pour répondre aux besoins croissants du secteur.
« Dans sa vision, l’État a estimé que dans un avenir proche, il y aurait un volume de trafic plus important. Le port a besoin de grandir, le chiffre d’affaires va augmenter, il y aura une croissance économique, telle que vous êtes en train de l’observer aujourd’hui à travers les courbes. Pour cela, il faut développer le port. L’État n’a pas les moyens suffisants ; il est passé par le partenariat public-privé parce qu’on suppose que le privé dispose des moyens matériels, financiers, de l’expertise et des infrastructures. C’est pourquoi il a confié son port à un partenaire stratégique, à charge pour lui de développer les infrastructures et de réaliser les investissements nécessaires afin que nous ne soyons pas rattrapés », a-t-il souligné.
Le patron du port affirme également que le niveau d’activité enregistré ces dernières années a dépassé toutes les prévisions initiales. Des volumes attendus à l’horizon 2030 auraient ainsi été atteints dès 2025, provoquant une saturation temporaire des installations.

« Le volume du trafic qui était attendu en 2030 a été obtenu en 2025. Pendant que nous étions dans les projections d’investissements au niveau des infrastructures, notamment les quais, nous nous disions qu’en 2027 ou 2028 nous aurions terminé ces travaux et que le volume de trafic attendu en 2030 serait alors optimisé et absorbé », a-t-il indiqué.
Pour Aly Koïta, cette congestion traduit également l’attractivité croissante du port de Conakry auprès des armateurs.
« Nous avons connu une congestion, mais il faut positiver cette congestion », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, les autorités portuaires assurent avoir accéléré plusieurs chantiers de modernisation et d’extension afin d’améliorer les capacités d’accueil et de traitement du trafic.
« Ceci s’est traduit par l’augmentation, à court terme, d’un volume qui était attendu à long terme. C’est ce que nous avons dû gérer dans une congestion sans précédent. Mais il faut faire avec. C’est le résultat de 2025 qui a été publié en juin 2026. Donc, l’indice de performance des ports à conteneurs reflète essentiellement la congestion que nous avons connue en 2025. Ce n’est pas la situation actuelle. Les résultats de 2026 seront publiés en 2027. Aujourd’hui, nous avons mis en place des stratégies qui nous permettront de nous en sortir définitivement. Notamment à travers l’accélération de nos investissements en matière de modernisation, l’extension des quais au niveau du terminal à conteneurs et du terminal conventionnel. En moins de huit mois, Alport est aujourd’hui en phase terminale de réalisation de son deuxième quai », a-t-il expliqué.
Puis d’ajouter : « En 2026 également, nous sommes en phase terminale du remblayage de trois hectares sur la façade maritime. Le nouveau terminal construit est réalisé à près de 60 %, voire davantage, avec un nouveau quai vers Novotel. D’ici à la fin de l’année 2026, rassurez-vous qu’en 2027, vous aurez un autre classement, parce qu’il y aura de la performance. C’était le survol que je viens de vous faire », a affirmé le directeur général.
Il a également annoncé la mise en service progressive de nouvelles infrastructures et l’adoption d’un fonctionnement continu afin de fluidifier davantage les opérations logistiques. Le port fonctionne désormais 24 heures sur 24 pour réduire les engorgements.
Aly Koïta se montre ainsi confiant quant à l’impact des réformes engagées et prédit une nette amélioration du classement du port de Conakry lors des prochaines évaluations internationales.
Aminata Camara


