Le gouvernement burkinabè durcit les conditions de départ des étudiants vers l’étranger. Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 25 juin, l’exécutif a adopté un décret imposant une autorisation préalable du ministère de l’Enseignement supérieur à tout étudiant souhaitant poursuivre ses études hors du pays, qu’il bénéficie d’une bourse ou qu’il finance lui-même son cursus.
Cette nouvelle mesure marque un renforcement du contrôle de l’État sur les parcours académiques de ses ressortissants. Selon le communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres, cette autorisation devient une étape obligatoire avant toute inscription dans un établissement étranger.
Le gouvernement précise que cette décision répond à plusieurs objectifs : « Aux termes de ce décret, tout étudiant burkinabè qui veut entamer des études à l’extérieur, bénéficiaire d’une bourse ou sur fonds propres, a l’obligation d’obtenir au préalable une autorisation du ministère en charge de l’Enseignement supérieur ».
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, justifie cette réforme par la volonté de mieux encadrer les formations suivies à l’étranger et d’anticiper le retour des diplômés sur le marché de l’emploi. « Il s’agit de permettre à l’État d’assurer un suivi des contenus de formations conformément à la vision actuelle du gouvernement, d’éviter les cas sociaux après les études à l’étranger et de préparer l’insertion professionnelle de ces étudiants », a-t-il souligné.
Cette nouvelle disposition s’inscrit dans une série de réformes engagées par les autorités burkinabè. En mai 2025, le gouvernement avait instauré une immersion patriotique obligatoire pour les nouveaux bacheliers. Pendant un mois, près de 60 000 élèves ont suivi cette formation, devenue une condition indispensable pour intégrer les universités publiques du pays. Les autorités présentent cette initiative comme un moyen de former des citoyens engagés et prêts à contribuer à la défense de la nation, confrontée depuis plusieurs années à une insécurité persistante liée aux attaques jihadistes.
Siby


