Le ministère de l’Environnement et du Développement durable, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a lancé ce mardi 7 juillet un atelier national de sensibilisation et de renforcement des capacités consacré à l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ).
Pendant deux jours, des représentants de la Présidence, de plusieurs départements ministériels, des institutions publiques, du monde universitaire, de la société civile et des partenaires techniques et financiers échangeront sur les enjeux du traité. L’objectif est de mieux faire connaître cet instrument international, d’identifier les défis liés à sa mise en œuvre et d’élaborer une feuille de route nationale en vue de sa ratification.
À l’ouverture des travaux, le point focal national BBNJ, Mohamed Salifou Touré, a salué la mobilisation des participants.
« Votre présence nombreuse et la diversité des institutions représentées témoignent de l’intérêt grandissant que suscite cet accord historique ainsi que de la volonté commune d’accompagner la République de Guinée dans son processus d’identification et de mise en œuvre de cet instrument majeur du droit international de l’environnement », a-t-il déclaré.
Rappelant que la Guinée a signé le traité le 9 juin 2025 à Nice, il a affirmé que le pays entend désormais accélérer sa ratification afin de devenir État partie avant la première Conférence des Parties.
Présidant la cérémonie, Seydou Bari Sidibé a insisté sur l’urgence de préserver les océans face à la surexploitation des ressources, à la pollution et aux effets des changements climatiques.
« Aujourd’hui, notre ambition est de franchir une nouvelle étape en accélérant le processus de ratification afin que la Guinée puisse devenir un État partie avant la tenue de la première Conférence des Parties du traité BBNJ », a-t-il affirmé, avant d’inviter les participants à contribuer activement aux travaux afin de formuler des recommandations adaptées au contexte guinéen.
Présidant la cérémonie, le représentant du gouvernement, Seydou Bari Sidibé, a rappelé les enjeux stratégiques liés à la préservation des océans.
« Les océans constituent un patrimoine naturel exceptionnel et un pilier fondamental de l’équilibre écologique de notre planète. Ils assurent la régulation du climat mondial, abritent une biodiversité remarquable, contribuent à la sécurité alimentaire de milliards de personnes et représentent un levier majeur de développement économique », a-t-il souligné.
Il a évoqué les nombreuses menaces qui pèsent sur les espaces marins, notamment la surexploitation des ressources, la pollution, les changements climatiques, l’acidification des océans et la perte accélérée de la biodiversité.

Selon lui, la ratification du traité permettra à la Guinée de participer pleinement à la gouvernance mondiale des océans, de renforcer sa diplomatie environnementale, de bénéficier de mécanismes de coopération internationale, d’accéder au transfert de technologies marines et de mobiliser de nouveaux financements en faveur de la protection de son patrimoine naturel.
« La protection de la biodiversité marine est aujourd’hui une responsabilité partagée qui dépasse les frontières nationales. Préserver les océans, c’est préserver le climat, protéger les moyens d’existence de millions de personnes et garantir aux générations futures un environnement sain et durable », a-t-il insisté.
Prenant la parole au nom de l’UICN, Richard Sagno a salué le leadership du ministère de l’Environnement et du Développement durable ainsi que le soutien financier de l’Union européenne à travers le programme West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP).
« L’entrée en vigueur de l’Accord BBNJ constitue une avancée historique dans le droit international de l’environnement et dans la gouvernance mondiale des océans. Pour la Guinée, cet accord représente une opportunité majeure en matière de coopération scientifique, de renforcement des capacités, de transfert de technologies marines, de mobilisation de financements et de valorisation durable des ressources marines », a-t-il dit.
Il a toutefois souligné que la réussite du processus dépendra d’une forte appropriation nationale et d’une étroite collaboration entre les différentes institutions concernées.
Réaffirmant l’engagement de son institution, Richard Sagno a assuré que l’UICN poursuivra son accompagnement technique afin de soutenir la sensibilisation des parties prenantes et la mise en œuvre des prochaines étapes du traité.
« En tant qu’organisation internationale dont la mission est d’influencer, d’encourager et d’aider les sociétés à conserver l’intégrité et la diversité de la nature, tout en veillant à ce que l’utilisation des ressources naturelles soit équitable et écologiquement durable, l’UICN est fière d’accompagner le Gouvernement guinéen dans cette démarche…Nous sommes convaincus que cet atelier contribuera à renforcer les connaissances des acteurs publics, à favoriser une meilleure coordination interinstitutionnelle et à jeter les bases d’une feuille de route nationale pour la mise en œuvre de l’Accord BBNJ », a-t-il souligné.
Le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Friedrich Conrad, a rappelé que l’Union européenne demeure un partenaire privilégié de la Guinée dans les domaines de l’environnement et du développement durable.

« Ce nouvel instrument juridique international constitue une avancée majeure pour la gouvernance des espaces marins situés au-delà des juridictions nationales. Il vise à renforcer la protection de la biodiversité marine, à promouvoir l’utilisation durable des ressources de la haute mer et à consolider la coopération internationale dans ce domaine », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que l’Union européenne accompagne déjà la Guinée dans plusieurs initiatives en faveur de l’économie verte et bleue, de la protection des mangroves et des écosystèmes, ainsi que dans le développement d’infrastructures contribuant à l’amélioration de l’assainissement.
Intervenant au nom de la Primature, Taibou Diallo, conseillère du Chef du gouvernement, a rappelé que le traité BBNJ constitue un levier stratégique pour la Guinée.
« Le traité BBNJ est un levier stratégique pour la République de Guinée. Qu’il s’agisse de la protection de notre biodiversité, des retombées de l’économie bleue ou de la résilience de nos populations côtières face aux changements climatiques, les enjeux sont immenses. Cependant, un traité n’a de valeur que par la qualité de sa mise en œuvre », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur la nécessité d’une coordination interinstitutionnelle afin d’assurer une appropriation efficace du traité.

« L’appropriation de ce traité exige une coordination interinstitutionnelle rigoureuse. Je vous remercie pour votre engagement à tous et vous souhaite une excellente session de travail », a-t-elle conclu.
Les recommandations qui découleront de cet atelier devraient permettre à la Guinée de renforcer sa gouvernance des océans, de préserver durablement son patrimoine marin et de saisir les opportunités offertes par cet accord international en matière de coopération, de financement et de développement de l’économie bleue.
Aminata Camara


