C’est une sortie qui fait l’effet d’un séisme dans le camp du Syli Basket. Ce dimanche 5 juillet 2026, à l’issue de la défaite de la Guinée face à la Tunisie (61-50), le sélectionneur Nedeljko Neno Ašćerić a annoncé sa démission immédiate. Une décision rendue publique en conférence de presse, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde de basketball 2027 disputées en Angola.
Au-delà du revers sportif, c’est surtout un profond malaise institutionnel qui a conduit le technicien à tourner la page.
Visiblement très affecté, le coach n’a pas mâché ses mots pour expliquer son départ. Il dénonce avant tout un manque de considération de la part des autorités sportives guinéennes.
Des propos qui traduisent une rupture profonde entre le sélectionneur et sa hiérarchie, bien au-delà des simples questions financières.
Contrairement aux apparences, la défaite face à la Tunisie n’aurait pas précipité son départ. Neno Ašćerić affirme avoir pris sa décision plusieurs jours auparavant.
« Cette décision n’est pas dépendante de la perte. Hier, j’ai décidé de m’arrêter. J’avais voulu m’arrêter avant de partir à Dakar pour me préparer contre le Sénégal. Après cela, j’ai décidé de ne pas laisser mon équipe seule. Je ne voulais pas la trahir. J’ai voulu les aider une dernière fois et j’ai voulu finir avec une victoire. Mais c’est la vie », a-t-il expliqué devant les journalistes.
Un témoignage qui laisse entrevoir un entraîneur tiraillé entre loyauté envers ses joueurs et lassitude face aux conditions de travail.
Dans ses dernières déclarations, le technicien insiste sur une accumulation de frustrations, notamment liées à l’organisation et au traitement réservé au staff technique.
« Mais je dis avec fierté et honneur que je ne veux pas être traité de cette façon. J’ai fait mon travail honnêtement et avec responsabilité. J’ai parlé plusieurs fois avec les dirigeants. Je n’ai pas été payé depuis un an. Mais l’argent n’était pas le plus important. Le problème, c’est le respect. Le problème, c’est quelque chose que je ne peux pas accepter. Je n’étais pas heureux de cette situation, de la préparation, de l’organisation. Je ne peux pas continuer comme ça », a-t-il lâché, amer.
Ce départ brutal intervient à un moment crucial des éliminatoires, laissant le Syli Basket dans l’incertitude. Entre tensions internes et résultats sportifs en demi-teinte, la sélection guinéenne devra rapidement se réorganiser pour espérer poursuivre sa campagne mondiale sans perdre pied.
N’Famoussa Siby


