Le Syndicat national de l’éducation (SNE) monte au créneau. Lors d’un point de presse tenu ce lundi 13 juillet 2026, son secrétaire général Pépé Balamou a dénoncé les difficultés persistantes auxquelles font face plusieurs enseignants, entre blocages de salaires, retards administratifs et absence de solutions concrètes. Il pointe du doigt le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, accusé de ne pas traduire ses réformes annoncées en actes visibles.
Selon le responsable syndical, plusieurs enseignants sont privés de salaire depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, malgré leur présence effective dans les salles de classe. « Bien avant la signature du protocole d’accord, il y avait déjà des enseignants dont les salaires étaient bloqués depuis décembre 2023 pour certains, août 2024 pour d’autres et août 2025 pour une troisième catégorie. Jusqu’à ce jour, ces enseignants n’ont toujours pas perçu leurs salaires. Ce sont des pères et des mères de famille qui continuent d’enseigner sans rémunération », a déploré Pépé Balamou.
Le secrétaire général du SNE affirme que si certains agents ont finalement été rétablis dans leurs droits, beaucoup restent privés de leurs arriérés de salaires ainsi que de plusieurs avantages financiers. « Il y a ceux qui sont débloqués, mais qui n’ont pas bénéficié de leurs arriérés de salaire. Les primes de préparation et parfois même les primes d’incitation ne figurent toujours pas sur leurs bulletins de paie », a-t-il expliqué.
Pépé Balamou s’en est également pris au ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, estimant que les réformes annoncées ne produisent aucun effet concret sur les conditions des travailleurs. « On est en train de vendre du vent au président de la République. Aucune réforme sérieuse n’est en train de se passer dans ce département. Moderniser l’administration publique, c’est faire en sorte que les travailleurs soient rétablis dans leurs droits, pas les obliger à négocier le paiement de leurs propres arriérés de salaire », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical a également évoqué la situation d’enseignants qui attendent depuis plusieurs années leur reclassement administratif malgré leur réussite à des concours professionnels ou l’obtention de diplômes supérieurs. Selon lui, certains dossiers sont en attente depuis 2017 sans qu’aucune solution ne soit trouvée.
Le SNE a aussi exprimé son incompréhension face aux récentes opérations d’assainissement du fichier de la fonction publique. Pépé Balamou affirme que plusieurs enseignants en poste, disposant d’emplois du temps et assurant effectivement les cours, auraient été radiés et qualifiés d’agents fictifs.
Dans le même temps, il s’étonne du recrutement de 1 615 agents dans la fonction publique en octobre 2025, qui, selon lui, percevraient un salaire sans avoir été affectés. « On nous parle d’assainissement du fichier alors que des enseignants qui travaillent dans les écoles rurales voient leurs salaires bloqués, pendant que d’autres agents recrutés ne sont même pas encore postés, mais sont pris en charge. Qui est réellement fictif ? », s’est-il interrogé.
Le secrétaire général du SNE a également dénoncé le manque de dialogue avec certains responsables administratifs, accusés de ne pas répondre aux sollicitations des partenaires sociaux. « Nous avons déposé plusieurs dossiers de reclassement. Cela fait des mois que nous appelons les responsables concernés, mais ils ne répondent ni aux appels ni aux messages. Un serviteur de l’État doit être au service des citoyens et des partenaires sociaux », a regretté Pépé Balamou.
Face à l’absence de réponses, le Syndicat national de l’éducation avertit qu’il pourrait mobiliser les enseignants concernés devant le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, même durant les vacances scolaires. « S’il le faut, nous demanderons à tous ces enseignants d’organiser des sit-in devant le département afin de montrer au président de la République que l’on ne modernise pas une administration en faisant souffrir les serviteurs de l’État », a prévenu le responsable syndical.
Le SNE a enfin exprimé sa déception quant au fonctionnement des commissions issues du protocole d’accord signé avec le gouvernement, notamment celle chargée d’examiner la situation des 4 500 enseignants contractuels communaux non admis à l’évaluation pratique.
Le syndicat estime que la décision d’envoyer une mission de vérification à l’intérieur du pays risque de retarder davantage le traitement des dossiers. « Nous avons proposé d’afficher directement les listes dans les préfectures et les communes afin que les intéressés puissent vérifier leurs noms. Cela permettrait d’accélérer le processus au lieu d’engager une nouvelle mission coûteuse qui risque de prolonger les délais », a conclu Pépé Balamou.
À travers cette sortie médiatique, le Syndicat national de l’éducation interpelle le gouvernement et le président de la République afin que des solutions soient rapidement apportées aux revendications des enseignants, tout en appelant à une gestion plus transparente et plus efficace des dossiers administratifs du secteur éducatif.
Thierno Amadou Diallo


