Alors que les cas de viols et de violences sexuelles continuent de susciter l’inquiétude en Guinée, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a appelé ce lundi 27 juillet à une mobilisation collective pour mieux protéger les victimes, en particulier les enfants. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation et la responsabilité des médias ainsi que des utilisateurs des réseaux sociaux dans le traitement de ces affaires.
Selon lui, au-delà de l’indignation provoquée par ces cas de viols, la société doit s’interroger sur les comportements qui contribuent à exposer les victimes au lieu de les protéger.
« Non, même les consciences… Ce sont des gamins. Malgré tout ce qui a besoin de protection pour grandir, ce sont les premiers tableaux. Il faut qu’on se pose la question. Il faut faire tout ce qu’on peut faire parce que cela ne passe pas seulement par la conscience. On ne peut pas oublier que ce n’est pas la place de cette enfant et qu’il faut la protéger, protéger son image, protéger son anonymat pour lui permettre de vivre un développement normal. Ce n’est pas un objet qu’il faut mettre dans la rue pour qu’on puisse la reconnaître en disant : « C’est la fille… » », a-t-il déclaré.
Le ministre a également mis en cause la responsabilité des médias et des utilisateurs des réseaux sociaux, estimant que la diffusion d’images ou d’informations permettant d’identifier une victime constitue une forme supplémentaire de préjudice.
« La responsabilité aussi des médias et de tous ceux qui partagent sur les réseaux sociaux est engagée. En partageant ces contenus, au lieu d’aider la victime, on l’expose davantage, on contribue à sa mise en vitrine. Donc faisons en sorte de faire attention. C’est très important, parce qu’après, nous-mêmes devenons des vecteurs de transmission de mauvaises pratiques », a-t-il soutenu.
Ousmane Gaoual Diallo a ensuite exhorté les autorités judiciaires à poursuivre leurs efforts dans la lutte contre les violences sexuelles, tout en invitant l’école à jouer pleinement son rôle dans la sensibilisation des jeunes.

« J’encourage les autorités judiciaires à évoluer dans ce sens, et j’encourage également l’institution sociale qu’est l’école à contribuer, à travers la sensibilisation, à réduire ce phénomène. Parce que ce cas est celui que nous avons vu, mais combien d’autres existent dans nos quartiers, dans nos familles ou dans nos villages sans être révélés ? », a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement a élargi le débat aux autres formes de violences faites aux enfants, notamment les mariages précoces, qu’il considère également comme un fléau à combattre.
« Qu’est-ce qu’on dit des mariages précoces ? Des enfants de 12 ou 13 ans que l’on donne en mariage contre leur gré. Pourquoi ne considère-t-on pas cela aussi comme un crime ? Il y a beaucoup de choses à éradiquer dans notre société. Je vous invite à traiter ces sujets importants. Votre rôle est déterminant dans ce cadre, parce que c’est souvent vous qui mettez en lumière des réalités que certains voudraient cacher », a-t-il conclu.
Aminata Camara


