Le procès de Boh Fanta Camara, âgée de 15 ans et poursuivie pour meurtre sur la personne d’Ousmane Diané, s’est ouvert lundi devant le Tribunal de première instance de Kankan. À la barre, la jeune fille a livré sa version des faits, évoquant un mariage forcé et des violences qu’elle dit avoir subies avant le drame.
Selon ses déclarations devant le tribunal, elle avait 13 ans lorsqu’elle aurait été contrainte d’épouser Ousmane Diané en 2024, malgré son opposition.
« Je n’étais pas d’accord avec ce mariage. J’avais 13 ans. J’ai passé onze jours dans son foyer. C’est ainsi que j’ai acheté un couteau et je l’ai poignardé au ventre pendant qu’il dormait. Mon intention était de lui faire peur afin qu’il renonce au mariage », a-t-elle déclaré.
La prévenue a également soutenu avoir informé ses parents ainsi que ceux de son époux de son refus de cette union, sans obtenir gain de cause. Elle affirme en outre avoir subi des violences physiques et sexuelles durant les onze jours passés dans le foyer. Ces allégations devront être examinées au cours de la procédure judiciaire.
Face au tribunal, la jeune fille a exprimé ses regrets : « Je suis vraiment désolée et je demande pardon à tout le monde. Que le tribunal me pardonne ».
Entendu comme témoin, Karamo Aly Diané, présenté comme l’oncle de l’accusée, a expliqué que le projet de mariage remonterait à la naissance de la jeune fille. Selon lui, après le décès du frère jumeau de Boh Fanta Camara, une promesse aurait été faite de la donner en mariage à Ousmane Diané lorsqu’elle atteindrait l’âge requis.
« Quand la fille a grandi, elle s’est opposée au mariage. Dans notre village, beaucoup de jeunes filles sont données en mariage forcé. Parfois, elles finissent par s’entendre avec leur mari, mais parfois, c’est le contraire, comme dans cette affaire », a-t-il affirmé.
Le témoin a également déclaré avoir tenté d’intervenir pour empêcher cette union, sans succès, évoquant l’opposition de la mère de l’adolescente.
Les faits reprochés remontent à l’année 2024 et se seraient produits dans le district de Bathè Soila, relevant de la sous-préfecture de Bathè Bafadji.
A l’issue de cette première audience, le Tribunal de première instance de Kankan a renvoyé l’affaire au 31 juillet 2026, date à laquelle le verdict est attendu.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


