À Kakoulimayah, dans la sous-préfecture de Wonkifong, la saison des pluies constitue une période particulièrement à risque pour les enfants. Entre les eaux stagnantes dans certaines habitations, la prolifération des moustiques, l’insalubrité et les risques d’inondation, ces derniers restent exposés à de nombreux dangers au quotidien.
Ce sont des enfants de moins de 15 ans que l’on croise dans de nombreux endroits : dans les marchés où ils revendent des produits, dans les décharges de déchets et parfois même sous la pluie. En cette période de fortes précipitations, cette présence les expose davantage aux conséquences liées à l’insalubrité et aux eaux stagnantes, notamment à divers problèmes sanitaires.
Dans certains endroits de ladite sous-préfecture, précisément entre Menguè-Simbaya et Kissimodia, l’accumulation des eaux provoque des inondations, rendant les passages dangereux et, dans les situations les plus graves, pouvant emporter des enfants qui se déplacent ou jouent à proximité.
Mamadou Mountaga Diallo jeune médecin, dont le cabinet se trouve à quelques mètres du marché de Kakoulimayah, évoque certaines maladies auxquelles les enfants fréquemment exposés peuvent être confrontés.
« Même pas que les enfants. Les adultes aussi sont exposés à des maladies, surtout pendant la période des pluies. La différence, c’est que les enfants ne se soucient pas de ce qui peut leur arriver. Ils peuvent contracter plusieurs maladies, surtout à cause des moustiques, de l’eau contaminée et du manque d’hygiène. Les plus fréquentes sont : le paludisme, la dengue, les rhumes et grippes, la gastro-entérite, la diarrhée, la typhoïde, la leptospirose et certaines maladies de la peau, etc », a-t-il indiqué.
Face à cette situation, le médecin appelle les parents à renforcer la vigilance afin de préserver la santé de leurs enfants. Il recommande notamment plusieurs précautions pour limiter les risques de maladie pendant la saison des pluies.
« Faire dormir les enfants sous la moustiquaire est la première sécurité pour eux. Ne pas les laisser sortir pendant les précipitations, veiller à leur alimentation, qui doit être saine, et garder les concessions toujours propres », ajoute-t-il.
Quelques parents ont également réagi à cette problématique, qui constitue une réalité à laquelle leurs enfants sont confrontés pendant cette période.
Âgé d’une trentaine d’années et père de trois enfants, Benjamin Kaliva Beavogui apprécie l’engagement de son épouse dans la protection des enfants pendant la saison des pluies.

« Je suis tout le temps au travail, ma femme est la responsable. Malgré son rôle de mère de famille, elle veille sur les enfants à chaque instant. Je l’encourage pour cela. Dieu merci, depuis que la saison a commencé, je n’ai envoyé aucun de mes enfants à l’hôpital », se réjouit-il.
Cette vendeuse de provisions à domicile, Maciré Soumah, grand-mère de plusieurs enfants, dont certains n’étaient pas présents lors de cette matinée pluvieuse au cours de laquelle nous réalisions cette interview, s’inquiète également du sort de ses petits-enfants.
« Moi, je ne peux plus m’éloigner de la maison. Ce sont mes petits-fils qui vont au marché pour m’acheter les marchandises que vous voyez là. Les parents sortent pour ne rentrer que le soir. J’ai du mal à les contrôler. Ils sont nombreux, vous voyez, d’autres viennent de sortir », nous confie-t-elle.
Cette réalité ne concerne pas uniquement Kakoulimayah. Dans plusieurs zones de Conakry, la saison des pluies constitue également une période particulièrement préoccupante pour les populations, notamment les enfants. Au-delà des risques sanitaires liés aux eaux stagnantes et à l’insalubrité, les inondations peuvent représenter un véritable danger pour leur vie. Des cas d’enfants emportés par les eaux, parfois mortels, ont déjà été enregistrés dans la capitale.
Akoï Pascal Boré


