A Faralakö, dans la préfecture de Mandiana, la colère monte face à l’état de la piste rurale reliant la localité à son chef-lieu. Après avoir donné trois jours aux autorités locales et aux sociétés implantées dans la zone pour engager des travaux de réprofilage, des habitants ont décidé de passer à l’action. Ce lundi 5 octobre 2026, des jeunes ont barricadé la route pour réclamer sa réhabilitation.
Située à environ 3 kilomètres de Mandiana, la sous-préfecture de Faralakö fait face à une dégradation avancée de sa principale voie d’accès. Bourbiers, passages fortement détériorés, véhicules immobilisés et marchandises exposées aux dommages compliquent quotidiennement les déplacements des populations, des voyageurs et des transporteurs.
La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs sociétés aurifères sont implantées dans cette zone. Face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation persistante de la route malgré leurs multiples interpellations, des jeunes de Faralakö ont décidé de bloquer temporairement la circulation.

« C’est à cause de notre souffrance que nous sommes sortis aujourd’hui. La dernière fois, une citerne de carburant s’est renversée ici. Deux autres bennes et citernes sont actuellement bloquées dans la boue. Malgré toutes nos interpellations, rien n’est fait. C’est pourquoi nous avons barricadé la route et bloqué la circulation jusqu’à ce que des dispositions soient prises pour sa réhabilitation », a expliqué Malicky Diallo.
Des manifestants interpellent également les sociétés minières présentes dans la zone, auxquelles ils demandent de contribuer davantage à l’amélioration des infrastructures locales.
« Toutes les sociétés qui sont dans cette localité, de Mandiana à Loïla et de Mandiana à Niantanina, ne font qu’exploiter sans véritablement s’acquitter de leurs responsabilités sociétales. Nous les avions prévenues que si rien n’était fait, nous prendrions des dispositions pour attirer l’attention du président de la République sur notre situation. C’est inadmissible », a dénoncé un autre manifestant.
Le blocage de la route a également affecté de nombreux voyageurs. Venue de Missima et en partance pour Kankan, une passagère dit avoir été contrainte, avec d’autres voyageurs, de poursuivre une partie du trajet à pied à cause de l’état de la chaussée.

« Nous venons de Missima pour Kankan, mais depuis le petit matin, nous sommes bloqués ici. Nous sommes obligés, nous les passagers, de marcher à pied dans la boue pour aller attendre la voiture. Je ne sais même pas quand nous allons pouvoir repartir. Nous demandons aux autorités, notamment au président Mamadi Doumbouya, de nous venir en aide, car nous sommes dans un véritable calvaire », a déploré Saran Sacko.
A travers cette mobilisation, des habitants de Faralakö espèrent obtenir une réaction rapide des autorités et des acteurs concernés. Leur principale revendication reste la réhabilitation de cette piste, devenue difficilement praticable, afin de rétablir la circulation des personnes et des biens entre Faralakö et Mandiana.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


