Un garage de Farako 2, dans la préfecture de Kankan, a été le théâtre d’un drame ce matin. L’explosion d’une bouteille de gaz utilisée pour des travaux de soudure au chalumeau a fait deux morts et plusieurs blessés, selon les témoignages recueillis sur place.
La déflagration s’est produite alors que des ouvriers étaient en pleine activité dans le garage. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital régional de Kankan, notamment au service des urgences, pour recevoir les premiers soins.
Selon les premiers témoignages, une fuite aurait été constatée au niveau du raccord de la bouteille de gaz. Malgré les tentatives pour maîtriser la situation, l’incident aurait rapidement dégénéré, provoquant l’explosion.
Cheick Oumar Keïta, mécanicien dans le même garage et témoin des faits, revient sur les circonstances du drame : « Ce matin, nous avions un baptême dans la cour. Nous étions tous là-bas avant de venir au garage pour travailler. Ils étaient en train de travailler avec le chalumeau quand le raccord a commencé à fuir. Dès que cela s’est produit, la fuite n’a pas pu être maîtrisée et la bouteille a explosé ».
D’après son témoignage, plusieurs personnes qui se trouvaient à proximité ont été touchées par l’explosion.
« Ceux qui étaient proches ont été blessés. Certains ont eu la main ou le pied touchés. Ceux qui étaient plus loin ont été tués. Sur place, il y a deux morts : notre maître et un jeune qui était derrière ici. Il y a aussi des blessés très graves et nous ne savons pas encore s’ils vont s’en sortir », témoigne-t-il.

Le mécanicien affirme par ailleurs que le raccord à l’origine de la fuite n’avait, jusque-là, présenté aucun signe apparent de défaillance.
« C’est la première fois que ce raccord fait une fuite. Cela fait des années que nous travaillons avec, mais nous n’avions rien remarqué d’anormal. Si nous avions constaté quelque chose, nous n’allions pas travailler avec parce que nous savons que c’est dangereux », poursuit-il.
L’explosion n’a pas seulement fait des victimes dans le garage. La puissance de la déflagration a également causé des dégâts matériels dans des habitations voisines.
Hawa Traoré, une habitante de Farako 2, se trouvait dans la cour familiale où se tenait un baptême au moment des faits. Elle raconte avoir été surprise par la violence du bruit.
« Nous étions au baptême de ma belle-fille. Nous avions terminé de faire la cuisine et nos invités étaient arrivés. Nous étions assis lorsque nous avons entendu un grand bruit. Je pensais que c’était mon panneau qui avait éclaté. Les gens ont dit que c’était une bombe », raconte-t-elle.
Selon elle, la violence de l’explosion a projeté la bouteille ou une partie du dispositif au-dessus des habitations.
« Heureusement, Dieu faisant, nous avons tous baissé la tête. Sinon, nous allions tous mourir. Nous l’avons vu passer au-dessus de nous comme un avion. Les murs de ma douche sont tombés, mon armoire est gâtée et même mon plafond a été endommagé. Nous remercions Dieu parce que rien n’est arrivé à mes invités. Nous nous sommes tous couchés par terre », explique-t-elle.
Alertées, les autorités communales se sont rendues sur les lieux pour constater les dégâts et s’enquérir de la situation des victimes.

Un responsable de la mairie a exprimé sa tristesse après la perte de vies humaines et annoncé le renforcement des actions de sensibilisation auprès des travailleurs utilisant des équipements à risque.
« Nous allons prendre toutes les précautions nécessaires, notamment multiplier les sensibilisations auprès des ouvriers afin que les risques liés aux accidents de travail soient vraiment minimisés », a-t-il assuré.
Alors que les premiers témoignages font état de deux morts et de plusieurs blessés, les autorités communales appellent toutefois à la prudence concernant le bilan définitif.
« Pour le moment, on ne peut que s’en tenir au bilan qui sera donné par les médecins. Je ne suis pas du corps médical et il faut éviter de donner de fausses informations », a précisé le responsable communal.
Michel Yaradouno


