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Sabadou-Baranama : nouvelle préfecture, vieux défis et criant déficit d’infrastructures

Érigée en préfecture le 20 août 2026 par le président Mamadi Doumbouya, Sabadou-Baranama savoure encore cette décision historique. Mais derrière la joie des populations se pose une question cruciale : comment faire fonctionner une nouvelle administration avec des infrastructures encore largement insuffisantes ?

Le 20 août 2026, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé à une importante réorganisation administrative du pays, avec l’érection de onze sous-préfectures en préfectures. Dans le même temps, Beyla et Siguiri ont été érigées en régions administratives. Parmi les nouvelles préfectures rattachées à la région de Kankan figure Sabadou-Baranama, située à environ 75 kilomètres du chef-lieu régional.

Moins d’une semaine après cette décision, la joie reste palpable dans cette localité, considérée comme la commune natale du chef de l’État. Mais derrière les scènes de réjouissance se dessine déjà un défi de taille : doter cette nouvelle préfecture des infrastructures indispensables au fonctionnement de l’administration.

À Sabadou-Baranama, quelques réalisations attirent l’attention du visiteur. Une route en construction, un centre de santé amélioré récemment inauguré par la ministre Khaité Sall, un centre d’autonomisation des filles et des femmes soutenu par un couple européen, ainsi que de nouvelles habitations privées témoignent d’une dynamique de développement.

Cependant, ces avancées restent encore insuffisantes au regard des besoins liés au nouveau statut administratif de la localité. La construction des infrastructures administratives apparaît désormais comme une urgence. Le maire de Sabadou-Baranama, Fakoly Kourouma, en est conscient.

« Nous avons beaucoup de besoins. Je peux notamment citer les blocs administratifs, le bâtiment de la préfecture, le logement du préfet, les logements des directeurs préfectoraux et les autres bâtiments administratifs », explique le responsable communal.

Si l’idée d’ériger Sabadou-Baranama en préfecture remonte à plusieurs décennies, les infrastructures n’ont, semble-t-il, pas suivi cette ambition. La décision présidentielle a donc surpris une administration locale qui doit désormais faire face à de nouvelles exigences.

Le maire appelle ainsi le gouvernement, mais aussi les bonnes volontés, à accompagner la nouvelle préfecture dans cette phase de transition.

« Rien n’était prévu ici comme bloc administratif préfectoral. C’est pourquoi je tends la main au gouvernement et à tous ceux qui peuvent apporter leur contribution au développement de Sabadou-Baranama », plaide-t-il.

Dans la communauté, la prise de conscience semble également engagée. Des réunions de sensibilisation ont déjà été organisées pour préparer les populations à l’arrivée des nouvelles autorités et aux changements qu’implique le nouveau statut de la localité.

« Nous avons fait beaucoup de réunions depuis l’annonce de la nouvelle pour sensibiliser la population sur la manière dont elle doit accompagner ce changement. Nous avons expliqué à tout le monde que l’administration aura besoin d’espace pour s’installer », explique le doyen de la ville.

Au-delà des infrastructures administratives, le secteur éducatif constitue également une préoccupation majeure. Dans certains établissements, les infrastructures sont dans un état préoccupant, tandis que l’accès des jeunes filles à l’éducation demeure encore limité.

Une mère de famille, qui s’est confiée en off, dresse un constat sans détour. « L’éducation reste un problème. Nombreuses sont les femmes qui n’ont pas fait d’études et beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés. Il y a surtout un manque d’enseignants », déplore-t-elle.

Le déficit d’enseignants, les difficultés de scolarisation et l’état des infrastructures scolaires constituent ainsi autant de défis auxquels la nouvelle préfecture devra faire face pour accompagner sa croissance démographique et administrative.

Sabadou-Baranama entre donc dans une nouvelle ère avec un statut administratif qui suscite fierté et espoir chez les populations. Mais cette promotion administrative impose également des responsabilités nouvelles et, surtout, des investissements conséquents.

Les autorités locales et les populations se disent toutefois disposées à accompagner cette nouvelle dynamique. L’enjeu est désormais de transformer l’érection de Sabadou-Baranama en préfecture en véritable levier de développement, en dotant la localité des infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’administration et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

La nouvelle préfecture a désormais son statut. Reste à lui donner les moyens de fonctionner.

Michel Yaradouno, depuis Sabadou-Baranama 

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