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Dansa Kourouma aux députés : « Le mandat que nous avons reçu n’est pas une récompense »

L’Assemblée nationale de Guinée a effectué sa rentrée parlementaire ce lundi 5 octobre 2026 à Conakry, marquant l’ouverture officielle de la session ordinaire unique 2026-2027 de la 10ᵉ législature. La cérémonie, présidée par Dr Dansa Kourouma, a réuni plusieurs délégations parlementaires de la sous-région, notamment de la Sierra Leone, du Liberia, du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire, ainsi que des représentants du Parlement de la CEDEAO.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a rappelé les principales responsabilités constitutionnelles qui incombent à la représentation nationale : représenter la nation, participer à l’élaboration des lois, contrôler l’action gouvernementale et contribuer à l’évaluation des politiques publiques.

Revenant sur l’installation de la nouvelle institution, il a estimé que cette rentrée parlementaire devait être davantage perçue comme un moment de responsabilité que comme une simple cérémonie. « Aujourd’hui, le 5 octobre 2026, la 10e législature de la République entre dans l’histoire. Non plus par sa naissance, mais par l’œuvre qu’elle est appelée à réaliser dans le temps. Cette date restera inscrite dans les annales de notre histoire parlementaire. Mais l’histoire ne retient pas seulement des dates, elle retient les actes », a déclaré Dr Dansa Kourouma.

Le président de l’Assemblée nationale a appelé ses collègues à mesurer la portée du mandat qui leur a été confié par les électeurs. Selon lui, l’élection à l’Assemblée nationale ne constitue ni une récompense ni un privilège, mais une charge au service de la nation.

« Le mandat que nous avons reçu n’est pas une récompense. Ce n’est pas un titre honorifique, ni une position sociale, ni un privilège. C’est une charge au sens le plus noble et le plus exigeant. Le peuple qui nous a élus ne nous a pas élus pour que nous soyons quelqu’un, il nous a élus pour que nous fassions quelque chose », a-t-il insisté.

Dans cette perspective, Dr Dansa Kourouma a appelé à une nouvelle culture parlementaire fondée sur l’assiduité, le travail, l’expertise et la responsabilité. Il a notamment insisté sur la présence des députés aux séances plénières et aux travaux des commissions.

« La présence en séance plénière comme en commission n’est pas une option. Elle est la première forme du respect que nous devons à nos électeurs. Le deuxième devoir est le travail : lire les textes, les comprendre, les amender, interroger. Le troisième est la responsabilité : lorsque vient le moment de se prononcer à cette tribune, chaque vote exprimé doit refléter une préoccupation de citoyens. Le quatrième est l’exemplarité », a-t-il souligné.

Le président de l’Assemblée nationale a également présenté les grandes priorités de cette législature. Il a cité notamment le parachèvement du cadre juridique des institutions de la République, l’amélioration de la qualité de la production législative et le renforcement de l’effectivité des lois.

« Une Constitution, aussi belle soit-elle, demeure une promesse tant que ses lois organiques ne lui ont pas donné vie. Ce sont elles qui précisent l’organisation, la composition, les attributions et le fonctionnement des institutions. Nous devons donc achever l’édifice constitutionnel », a-t-il expliqué.

Sur la production législative, Dr Dansa Kourouma a appelé à rompre avec une logique qui consisterait à mesurer la performance d’une Assemblée au seul nombre de textes adoptés.

« Le temps n’est plus où l’on mesurait le travail d’une Assemblée au nombre de textes votés. Ce qui compte, c’est la qualité de ces textes et ce qu’ils produisent de réel dans la vie des citoyens. Une loi qui n’est pas appliquée est une loi qui échoue dès le départ. Une loi mal écrite est une loi qui divise, qui expose les juges et égare les citoyens », a-t-il affirmé.

La représentante du Parlement de la CEDEAO a, pour sa part, salué l’ouverture de cette nouvelle étape institutionnelle en Guinée. Représentant la présidente du Parlement de la CEDEAO, Hadja Maimounatou Ibrahima, elle a estimé que la présence de l’institution communautaire à Conakry traduisait une volonté de renforcer les liens entre les parlements de la région.

« La présence du Parlement de la CEDEAO à cette rentrée parlementaire va bien au-delà d’une marque de courtoisie institutionnelle. Elle exprime notre solidarité avec la Guinée et notre volonté de consolider les relations entre nos institutions parlementaires. Cette rentrée revêt donc une portée particulière. Elle intervient après les consultations électorales et l’installation de nouvelles institutions représentatives. Une nouvelle étape s’ouvre donc, celle de la consolidation des institutions, du renforcement de la confiance des citoyens et de l’enracinement de la démocratie », a-t-elle déclaré.

Elle a également insisté sur les défis communs auxquels sont confrontés les pays ouest-africains, notamment l’emploi des jeunes, les changements climatiques, la sécurité alimentaire et énergétique, la transformation numérique et la gouvernance des ressources naturelles.

« Aucun de nos États ne peut à lui seul apporter des réponses durables à ces défis. Notre capacité d’action dépend de la qualité de notre dialogue, de la convergence de nos efforts et de notre aptitude à traduire nos engagements communautaires en résultats concrets pour nos populations », a-t-elle souligné.

La représentante de la CEDEAO a enfin appelé à renforcer la coopération parlementaire à travers le dialogue entre les commissions, le partage d’expériences et le suivi des engagements communautaires.

« Il ne s’agit donc pas seulement de rapprocher des institutions, il s’agit, à travers elles, de rapprocher davantage nos peuples et de faire de la coopération parlementaire un instrument au service de la paix, de la stabilité et du développement partagé », a-t-elle conclu.

Au-delà de la cérémonie officielle, cette rentrée parlementaire a ainsi été marquée par une forte dimension sous-régionale. La présence de parlementaires venus notamment de la Sierra Leone, du Liberia, du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire, ainsi que celle du Parlement de la CEDEAO, a donné à l’événement une portée particulière.

Thierno Amadou Diallo

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