La Fédération patronale des associations professionnelles de presse de Guinée (FEPAP-GUI) sollicite une revalorisation de la subvention accordée aux médias privés, de 3 à 15 milliards de francs guinéens, dans le cadre de la loi de finances initiale (LFI) 2027. Cette revendication a été formulée par son président, Amadou Tham Camara, lors d’une rencontre de présentation du bureau exécutif de la fédération aux responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et de la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI).
Face aux responsables des deux institutions, le président de la FEPAP-GUI a exposé les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de presse. Il a notamment évoqué la pression fiscale et sociale, le faible accès aux financements bancaires, la baisse des recettes publicitaires ainsi que la concurrence des plateformes numériques internationales.
« Depuis 18 ans, le montant de la subvention aux médias privés est gelé à 3 milliards. C’est pourquoi, monsieur le président de la Haute Autorité de la Communication, nous comptons sur votre appui pour que la subvention soit fixée désormais à 15 milliards dans la loi de finances initiale de 2027 », a plaidé Amadou Tham Camara. Il a également sollicité un accompagnement en vue de faciliter les partenariats publicitaires entre les entreprises guinéennes et les médias.
En réponse, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a salué la mise en place de cette organisation patronale, qu’il considère comme un interlocuteur privilégié de son institution. Il a évoqué plusieurs chantiers communs, notamment l’assainissement du secteur de la presse, la répartition de la subvention publique et l’adaptation des textes aux évolutions technologiques.
« Il n’y a pas de journaliste sans médias et il n’y a pas de médias sans journaliste. Donc, on ne peut pas assainir un secteur et ignorer l’autre », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de mieux encadrer la création des entreprises de presse et de protéger les médias régulièrement installés face à la concurrence des plateformes numériques.

De son côté, le vice-président de la CGE-GUI, Ismaël Keita, a rappelé l’accompagnement technique et financier apporté à la création de la fédération. Il a surtout invité le nouveau bureau à faire de la finalisation de la convention collective des médias sa première priorité.
« Nous savons que le secteur des médias est un secteur sensible. L’indépendance éditoriale et le pluralisme conditionnent sa crédibilité. L’accompagnement de la CGE-GUI porte sur l’organisation de la fédération, jamais sur le contenu », a-t-il précisé.
Issue de l’assemblée générale constitutive du 8 octobre 2026, la FEPAP-GUI entend désormais mettre en place un cadre permanent de concertation avec la HAC et la CGE-GUI. Elle souhaite notamment obtenir une meilleure reconnaissance des entreprises de presse en tant qu’acteurs économiques et leur permettre de bénéficier des opportunités de développement offertes par le programme Simandou 2040.
Thierno Amadou Diallo


