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INSOLITE : des artistes guinéens réclament leur part du riz offert par le colonel Doumbouya

Le riz que le président Mamadi Doumbouya a offert aux artistes qu’il a récemment reçus en audience, divise. En tout cas, ce mardi 19  avril, un groupe d’artistes protestataires a pris d’assaut le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat pour réclamer sa part du cadeau présidentiel.

Constitués en un collectif des artistes mécontents, les protestataires ont même un coordinateur en la personne de Macka Kouyaté, artiste, auteur, compositeur et porte-parole du groupe standard de petit Condé. A l’en croire, depuis vendredi dernier, lui et ses camarades sont dans les démarches de « revendication de (leur) droit ».  Ils sont particulièrement remontés contre l’attitude du Mouvement UNAMGUI (Union des artistes et musiciens de Guinée). A l’audience avec le président de la Transition, ce mouvement se serait présenté au nom de tous les artistes guinéens. « Chose qui n’est pas vraie », corrige Macka Kouyaté. Non seulement, « ils sont partis rencontrer le colonel Mamadi Doumbouya sans nous consulter », mais ensuite, « une fois là-bas, personne n’a parlé des conditions de vie des artistes », accuse encore Macka Kouyaté.

Et bien sûr, le coordinateur n’oublie pas la question nodale des sacs de riz. En effet, à l’issue de l’audience avec le colonel, chaque artiste serait reparti avec 10 sacs de riz. « On a vu ça à la télévision, on s’est senti ignorés », dit Macka KouyatéQui poursuit : « Et aujourd’hui, on est venus voir notre ministre de tutelle pour exprimer notre mécontentement. Ce que nous dénonçons, ce sont nos amis qui sont partis voir le président sans nous informer. En plus, nous réclamons nos sacs de riz »

Le riz, l’artiste Kougouri lui aussi le réclame.  « Je veux dix sacs de riz, parce que les autres en ont eu. Pourquoi pas nous ? Ou bien nous autres sommes des herbivores », peste-t-il ?

Dans ce tollé, seul le point de vue Kéfing Traoré tranche. Lui ne se focalise pas en effet sur le riz, en tant que tel. « Nous voulons que l’Etat mette quelque chose en place pour que les artistes bénéficient de leurs œuvres ». Certes, admet-il : « Le riz c’est bon ». « Mais il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner le poisson », estime-t-il. En conséquence, insiste-t-il : « Je suis là pour que les conditions de vie des artistes soient assurées par l’Etat. Je ne suis pas venu pour le riz. L’essentiel de ma démarche c’est comment les artistes peuvent vivre de leurs œuvres librement »

Balla Yombouno 

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