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SAHEL : quand le faible engagement de la France fait consensus

Dans son rapport au continent africain, la remise en cause n’est pas une option parmi d’autres pour la France. C’est l’unique option. Cela, on l’entend au gré des manifestations qui sont çà et là organisées ces dernières années dans nombre de capitales de l’espace ouest-africain en particulier. Et c’est la même exigence que les autorités de la Transition au Mali mettent en avant dans le sillage de la brouille entre Paris et Bamako. Mais plus étonnant, Mohamed Bazoum, lui aussi, n’est pas tout à fait satisfait des résultats engrangés par la France dans sa lutte contre le terrorisme dans la zone sahélienne. C’est du moins ce qui ressort de l’entretien que le président du Niger a accordé à nos confrères français du journal ‘’La Croix’’. Venant de celui que l’on dépeint comme le poulain de Paris dans la région, ces propos devraient inciter les autorités françaises à examiner de manière un peu plus objective les griefs à elles faits ces dernières années. L’enjeu va au-delà de la crise somme toute circonstancielle avec le Mali pour toucher aux relations avec l’ensemble du continent africain.

L’Ukraine comme comparateur

 Le conflit en Ukraine aura servi de comparateur à plus d’un habitant du Sahel. Si certains ont toujours mis en doute le caractère authentique de la volonté des autorités françaises et plus globalement des partenaires occidentaux à enrayer le péril terroriste dans la bande sahélienne, c’est surtout l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui les aura davantage confortés dans cette position. Et il est vrai que le parallèle entre les efforts consentis en faveur respectivement de l’Ukraine et du Sahel, ferait passer les seconds pour dérisoires. A la première, on a apporté et on continue d’apporter tous les soutiens, à la fois en armes, en ressources financières et en appui politique et diplomatique. A l’inverse, dans le cadre de la crise sécuritaire qui secoue le Sahel depuis une dizaine d’années, on s’en est tenu au service minimum. Bien sûr, cela ne dédouane pas les dirigeants africains auxquels incombe en premier lieu la responsabilité de restaurer la quiétude dans les pays qu’ils ont la charge d’administrer. Mais quand on voit tout ce qui se fait aujourd’hui pour aider les Ukrainiens, on est tenté de conclure le sort des Sahéliens n’a pas préoccupé autant. Et c’est exactement la perception que partage le président du Niger, dans l’entretien accordé au journal ‘’La Croix’’.

Un reproche pas si ‘’pertinent’’

En conséquence, Mohamed Bazoum invite la France à s’engager un peu plus dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. A travers bien sûr l’apport de ressources plus conséquentes. Des équipements aussi. Parce qu’il est désormais démontré qu’elle peut en trouver quand les causes lui sont vraiment chères. Mais l’engagement supplémentaire auquel le président nigérien appelle la France est également une invite à rompre avec les précautions qui passent pour ‘’superflues’’ aux yeux du président Bazoum. C’est une invite à une prise de risques supplémentaires. Sans doute, il est ici question des précautions droit-de-l’hommistes dont les Français s’entoureraient dans la traque des terroristes. Estimant que cette attitude est en soi un frein à l’efficacité de la lutte, le chef de l’Etat nigérien démontre au passage qu’il est de ceux qui n’admettent pas que les terroristes, au regard de toutes les atrocités et autres drames humains et sociaux dont ils sont la cause, puissent bénéficier d’une certaine bienveillance. Un postulat d’autant plus discutable que le combat contre le terrorisme est émaillé de nombreux récits où il est question de bavures sur fond de règlements de compte dont quelques-uns à relents communautaires. On comprend bien l’état d’âme de Mohamed Bazoum. Lui, dont le pays, présenté comme dangereux, ne peut plus attirer les touristes. Pour autant, rien ne devrait justifier que l’on se départisse du sens de discernement et de la lucidité. Ce qui fait que, ce reproche-là, la France ne devrait pas en tenir en compte.

Boubacar Sanso BARRY

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