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Des frictions entre Mamadi Doumbouya et ses homologues Assimi Goïta et Ibrahim Traoré ?

Au début, ils renvoyaient l’image d’un beau trio. D’autant qu’ils entendaient synchroniser les choses. Mais désormais, le trio semble s’être scindé. Le Malien Assimi Goïta et le Burkinabè Ibrahim Traoré continuent à vouloir cheminer la main dans la main. Mais entre le duo qu’ils forment et le Guinéen Mamadi Doumbouya, un mur commence à émerger. Le dernier épisode de cette distanciation étant illustré par leurs positions respectives par rapport à la crise qui se déroule à Niamey.  

A peine rentrés du sommet Russie-Afrique auxquels ils ont participé à Saint-Petersbourg, les 27 et 28 juillet, le colonel Assimi Goïta et le capitaine Ibrahim Traoré se sont empressés de signer un communiqué conjoint pour dénoncer à la fois les sanctions et la menace d’intervention armée que la CEDEAO a brandies contre la junte nigérienne, à l’issue du sommet extraordinaire du 30 juillet à Abuja. Communiqué à l’intérieur duquel les deux chefs de transition n’hésitent à menacer à leur tour de voler au secours du général Tchiani au cas où la CEDEAO venait à lancer un assaut sur Niamey. En outre, Assimi Goïta et Ibrahim Traoré annoncent qu’ils sortiraient leurs deux pays de la CEDEAO si l’organisation fait intervenir ses soldats au Niger. Au-delà de la signature conjointe du communiqué, il y a donc une position de défiance que les deux dirigeants choisissent d’assumer vis-à-vis de la CEDEAO.

La Guinée, elle non plus, ne partage ni les sanctions, ni la menace d’intervention militaire de la CEDEAO au Niger. Mais pour exprimer ce désaccord, Conakry a choisi ses propres mots. Ainsi, elle ne menace ni de se retirer de l’instance sous-régionale, ni de porter mains fortes au général Tchiani et à ses hommes. Il y a donc une différence de fond, outre le fait que le colonel Mamadi Doumbouya a tenu à exprimer sa position en indépendant.

Un autre trait de la nuance qu’on perçoit de plus en plus entre d’une part, Conakry, et de l’autre Bamako et Ouagadougou, c’est la participation au sommet Russie-Afrique. Assimi Goïta et Ibrahim Traoré y étaient en vedettes, tandis que Mamadi Doumbouya, lui s’y était fait représenter par son ministre des Affaires étrangères. Il en découle que le Guinéen n’a pas la même proximité avec Vladimir que la relation cordiale que ses homologues malien et burkinabè ont désormais avec le patron du Kremlin.

De fait, on avait déjà commencé à s’interroger sur les rapports entre la Guinée et son voisin du nord bien avant l’épisode se rapportant au sommet de Saint-Petersbourg. En l’occurrence, de l’annonce par la Guinée de la suspension de sa participation à l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Cette annonce est intervenue en effet dans le contexte d’un sommet de l’organisation organisé à Bamako, sous la présidence du président de la Transition malienne. Une telle annonce dans un tel contexte, cela ne pouvait être anodin. D’autant qu’au titre des motifs de sa décision, la Guinée invoquait un comportement discriminatoire de la part de l’organisation. Une accusation contre tous les membres dont le Mali de Assimi Goïta.

Mais en réalité, les petits signaux de cette distanciation sont là depuis longtemps. De fait, il semble que la grande euphorie au cours de laquelle l’idée d’une fédération avait même été évoqué n’a pas survécu à la déclaration commune des trois ministres des Affaires étrangères, le 9 février 2023. A l’occasion, Morissanda Kouyaté et ses homologues malien et burkinabè, sans nécessairement prononcer le mot « fédération », annonçaient tout de même de nombreux projets communs tendant à renforcer les relations entre les trois pays. Mais depuis, la partie guinéenne s’est quelque peu repliée sur elle-même. Alors que Maliens et Burkinabè s’efforcent de consolider leurs liens.

Il importe ici de souligner deux choses en rapport avec ce sujet. D’abord, qu’en raison du défi sécuritaire qu’ils traversent tous les deux, il est certainement plus facile pour les présidents malien et burkinabè de consolider leurs relations. D’autant qu’en lien avec ce même climat sécuritaire, ils ont tous les deux leurs opinions publiques qui leur majoritairement acquises. Ensuite, la France poussée vers la sortie à Bamako et à Ouagadougou, garde des relations plutôt étroites avec Conakry. Ceci peut-il expliquer cela ?

Boubacar Sanso Barry

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