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Mondial 2026 : et si l’Afrique jouait sa meilleure carte ?

Ça y est, la Coupe du monde démarre ce jeudi 11 juin. Un événement planétaire caractérisé d’ores et déjà par deux faits inédits : pour la première fois, la compétition réunit 48 pays et se joue simultanément dans trois pays, les États-Unis, le Mexique et le Canada. Et pour l’Afrique aussi, cette édition nord-américaine a quelque chose d’historique. En effet, c’est la première fois que le continent y sera représenté par dix équipes. Un accroissement de la représentativité consécutif au passage du nombre de participants à 48, mais que les équipes africaines ont le devoir d’honorer par les résultats sportifs sur le terrain. En tout cas, dans ce nouveau format, l’Afrique dans son ensemble a des chances de faire de meilleurs résultats. Et même, certains rêvent de voir enfin une équipe africaine sur le toit du monde. Après tout, il y a quatre ans, on n’en était pas vraiment loin. En soi, ce serait la meilleure réponse à réserver à Donald Trump et à la FIFA pour toutes les tracasseries en tous genres qu’ils auront érigées face à l’Afrique.

Le Maroc et le Sénégal d’abord

Deux équipes en particulier portent les espoirs africains à l’entame de cette 23ème édition de la Coupe du monde : le Maroc et le Sénégal. Finalistes de la dernière CAN, les deux sélections ont chacune un effectif légitimant leurs ambitions de tutoyer le sommet du football mondial. Malgré la controverse entourant la finale de la CAN, le Maroc est néanmoins perçu par de nombreux observateurs comme celui du contingent africain qui peut aller le plus loin dans la compétition. Première nation africaine à s’être qualifiée pour la Coupe du monde, le Royaume chérifien revendique surtout la meilleure performance du continent dans la compétition avec sa demi-finale en 2022 au Qatar, après avoir éliminé l’Espagne et le Portugal.

Dans leur groupe comprenant le Brésil, Haïti et l’Écosse, on n’imagine pas les Lions de l’Atlas sortir dès le premier tour. D’autant qu’avec le format de cette année, au-delà des deux premiers, les huit meilleurs troisièmes seront également qualifiés pour la phase à élimination directe. Le Sénégal, lui aussi, devrait bien tirer son épingle du jeu dans son groupe qui comprend la France, la Norvège et l’Irak. Même s’ils ne rééditent pas l’exploit de 2002 en battant à nouveau les Bleus, les Lions de la Teranga ont néanmoins de la ressource, un mental et une expérience de haut niveau qui devraient leur permettre de franchir le premier tour.

La Côte d’Ivoire, l’Algérie et l’Egypte ensuite

Pour la Côte d’Ivoire, qui n’a jamais réussi à franchir la phase des poules en trois participations, passer ce cap est l’objectif prioritaire. Dans un groupe comprenant également l’Allemagne, l’Équateur et Curaçao, les hommes d’Emerse Faé, qui ne manquent certes pas d’atouts aussi bien tactiques que techniques, devront néanmoins batailler pour l’une des trois places qualificatives. En tout cas, s’ils venaient à décrocher une des deux premières places du groupe, cela pourrait être considéré comme une sacrée entame de la compétition de leur part.

En revanche, l’une de ces deux premières places, c’est bien un objectif réaliste pour l’Algérie comme pour l’Égypte. Si l’Argentine semble un gros morceau pour les Fennecs algériens, ils peuvent en revanche prétendre à quelque chose face à la Jordanie et à l’Autriche. Pour leur part, les Pharaons égyptiens emmenés par Mohamed Salah peuvent également prétendre au moins à la deuxième place de leur groupe, derrière la Belgique, avec l’Iran et la Nouvelle-Zélande comme adversaires. Les joueurs de Hossam Hassan ont de quoi espérer dans ce groupe G.

Et les autres

Derrière ce quintet de tête, difficile de prédire le parcours des autres représentants du continent. Le groupe de la Tunisie, avec les Pays-Bas, le Japon et la Suède, paraît si équilibré que les chances de qualification des Aigles de Carthage, sans être nulles, ne sont pas non plus si évidentes. Quant à l’Afrique du Sud, elle a certes fait montre d’une formidable efficacité lors de la phase qualificative, en coiffant le Nigéria. Mais les Bafana-Bafana ne se distinguent pas particulièrement dans le groupe A qu’ils partagent le Mexique, la Corée du Sud et la République tchèque. La RD Congo, pour sa part, a déjà marqué le monde en signant son retour dans le gotha du football mondial après 52 ans d’absence. Mais les Léopards, qui avaient déjà subi un cinglant 9-0 face à la Yougoslavie en 1974, n’ont pas été gâtés par le tirage, en atterrissant dans un groupe K qui comprend le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan. Dans un tel groupe, même la troisième place qualificative sera synonyme d’un succès retentissant pour les Congolais. Il en est de même pour les Black Stars du Ghana. Absents de la dernière CAN, ils comptent sur le Mondial pour relancer leur image ternie. Mais face à l’Angleterre, la Croatie et le Panama dans le groupe L, rien n’est acquis. Enfin, pour le Cap-Vert, cette première et historique qualification à la Coupe du monde est en soi le saint graal. Petit pays d’à peine 530 000 habitants, le Cap-Vert vivra le parcours de son équipe comme un bonus. Frais, décomplexés et portés sur le jeu, les Requins bleus n’auront aucune pression. Logés dans le groupe H avec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, ils ne prétendent pas à grand-chose.

Boubacar Sanso Barry

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