Alors que l’audience de ce jeudi 11 juin 2026 devait marquer la clôture des débats et l’ouverture des réquisitions et plaidoiries dans le procès de l’ancien Premier ministre Dr Ibrahima Kassory Fofana, la procédure a finalement été renvoyée au 18 juin prochain sur décision de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Délocalisée dans les locaux de la Cour des comptes, cette audience était très attendue. Poursuivi pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux », l’ancien chef du gouvernement sous le régime d’Alpha Condé espérait voir son dossier franchir une étape décisive. Mais les débats ont rapidement été interrompus.
Le ministère public a sollicité un renvoi à huitaine, expliquant avoir besoin de temps pour examiner le procès-verbal de la dernière audition de Dr Kassory Fofana, réalisée récemment à son chevet à la clinique Pasteur, où il est hospitalisé.
Cette demande a aussitôt suscité une vive opposition. La partie civile a rejeté la requête, estimant que les arguments avancés par le parquet ne reposaient sur aucun fondement valable. Même son de cloche du côté de la défense, qui s’est déclarée « fin prête » à entamer les plaidoiries.
Au cours des échanges, Me Pépé Antoine Lamah, avocat de la partie civile, a également attiré l’attention du tribunal sur l’état de santé du prévenu. Qualifiant sa situation de « critique », il a averti qu’il ne fallait pas laisser la procédure s’éterniser « jusqu’à ce qu’il y ait l’inévitable », affirmant ne pas vouloir être associé à un tel scénario.
Malgré les objections soulevées, le président de la juridiction, le juge Daye Mara, a fait droit à la demande du ministère public. L’affaire a ainsi été renvoyée au jeudi 18 juin 2026, date prévue pour l’ouverture des réquisitions et des plaidoiries.
Thierno Amadou Diallo




