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Les « 72 Heures des Mobilités » : la Guinée et la France misent sur la mobilité légale

Pour promouvoir une mobilité mieux encadrée, plus sûre et davantage orientée vers le développement partagé entre la Guinée et la France, l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, en collaboration avec Expertise France, l’Institut français de Guinée, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et France Volontaires, a lancé ce jeudi 11 juin la première édition des « 72 Heures des Mobilités ». L’événement se tient au Centre culturel franco-guinéen de Conakry du 11 au 13 juin 2026.

Dans un contexte marqué par une forte aspiration à la mobilité internationale, notamment chez les jeunes, l’initiative entend promouvoir les voies légales de circulation, valoriser le retour des compétences et mieux faire connaître les opportunités existantes. Au programme : panels thématiques, séminaires de pré-départ pour les étudiants, activités culturelles et artistiques, restitution d’une étude sur l’imaginaire de la migration en Guinée, soirée dédiée aux Alumni et à la diaspora, et concert de clôture.

Durant trois jours, représentants des institutions publiques, partenaires techniques et financiers, universités, organisations de la société civile, alumni, membres de la diaspora, entrepreneurs, étudiants, acteurs culturels et professionnels des médias se réuniront pour débattre des enjeux, des opportunités et des défis liés aux dynamiques migratoires contemporaines.

Prenant la parole à l’ouverture, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, a expliqué la démarche ayant conduit à l’organisation de cet événement.

« Il y a beaucoup de questions que se pose la jeunesse guinéenne sur les allers-retours possibles avec la France. Nous avons voulu organiser avec l’ensemble de l’équipe France trois jours de débats autour des différents types de mobilité », a-t-il indiqué.

Le diplomate a insisté sur la nécessité de promouvoir les déplacements encadrés et conformes aux règles en vigueur. « Ce que nous voulons avec les autorités guinéennes, c’est promouvoir les mobilités régulières, celles qui permettent une entrée légale sur le territoire français. Nous voulons collectivement éviter les drames des routes migratoires et expliquer pourquoi nous luttons contre les migrations irrégulières », a-t-il déclaré.

La priorité, selon lui, est donnée aux publics qui contribuent directement au renforcement des relations bilatérales. « Il nous faut promouvoir les étudiants, les entrepreneurs, les artistes, ceux qui font vivre au quotidien la relation entre la Guinée et la France. L’idée est aussi de montrer comment obtenir un visa, préparer son projet via Campus France ou encore envisager un retour accompagné », a ajouté Luc Briard.

Le directeur pays d’Expertise France en Guinée, Nicolas Huet, a souligné que cette première édition a été pensée pour répondre aux attentes des populations guinéennes.

« Cette rencontre a surtout été pensée pour répondre aux attentes, aux préoccupations et aux besoins des populations et des autorités de République de Guinée. Nous sommes convaincus que les questions de mobilité, de migration et de circulation des personnes ne peuvent être abordées uniquement à travers des politiques ou des programmes. Elles doivent être envisagées à partir des réalités vécues par les femmes et les hommes qui aspirent à étudier, travailler, entreprendre, voyager, revenir ou contribuer au développement de leur pays. C’est précisément dans cet état d’esprit qu’ont été conçus les 72 Heures des Mobilités, comme un espace d’information, de dialogue, d’écoute et de réflexion collective. Comme toute première édition, celle-ci a vocation à évoluer, à s’enrichir et à se renforcer au fil des années », a-t-il affirmé.

Il a également insisté sur l’importance de l’inclusion dans les réflexions autour des mobilités. « Elle devra intégrer les changements de contexte, les nouveaux enjeux et les enseignements tirés de nos échanges. Elle devra également continuer à se construire dans un cadre de concertation ouvert et inclusif. En Guinée, un adage bien connu affirme que « tout ce qui est fait sans moi est fait contre moi ». Cette sagesse populaire nous rappelle l’importance de l’inclusion et la participation de tous les acteurs. C’est pourquoi nous avons souhaité que chacune et chacun puisse trouver sa place dans ces journées : les autorités publiques comme les acteurs de la société civile, les partenaires internationaux comme les acteurs locaux, les chercheurs, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les membres de la diaspora et bien entendu le public », a-t-il poursuivi.

Nicolas Huet a aussi rappelé les axes structurants du partenariat entre la Guinée, la France et l’Union européenne autour des questions migratoires. « À travers des conférences, des panels, des expositions, des rencontres culturelles et des espaces d’échange répartis sur différents sites, des réflexions autour des migrations, des mobilités et des circulations humaines viendront nourrir nos analyses, enrichir nos connaissances et, nous l’espérons, faire émerger de nouvelles perspectives pour l’avenir », a-t-il conclu.

Représentant le ministère des Affaires étrangères, le directeur général des Guinéens établis à l’étranger, Mamadou Saïtiou Barry, a mis en avant les transformations mondiales qui influencent aujourd’hui les dynamiques migratoires.

« Les mutations économiques, les effets du changement climatique, les crises sécuritaires, les inégalités de développement ainsi que les aspirations légitimes de notre jeunesse continuent d’influencer les mouvements migratoires à travers le monde », a-t-il déclaré.

Il a appelé à intensifier les efforts en faveur d’une migration maîtrisée. « Face à ces défis, il est indispensable de poursuivre les efforts engagés afin de promouvoir des migrations sûres, régulières et ordonnées, tout en luttant efficacement contre les formes irrégulières et dangereuses de migration qui exposent de nombreuses personnes à des risques considérables. Nous devons également renforcer les mécanismes de protection des migrants, favoriser leur intégration et valoriser davantage leurs contributions au développement économique et social. Il nous appartient enfin de bâtir des politiques migratoires fondées sur des données fiables, une coopération renforcée et une approche profondément humaine », a-t-il ajouté.

Le directeur de Campus France Guinée, Amara Diawara, s’est réjoui de la tenue de cet événement, qu’il considère comme essentiel pour mieux orienter les jeunes. « Je suis très satisfait de l’organisation des 72 Heures des Mobilités. La question des mobilités est un enjeu crucial, à la fois pour l’ambassade et pour la Guinée. Vu le nombre de personnes qui voyagent chaque année à destination de la France, nous, au niveau de Campus France, sommes directement concernés par la mobilité des étudiants et des chercheurs guinéens vers la France. Ces trois jours nous ont permis d’expliquer aux jeunes et aux chercheurs quelle est la politique de mobilité pour aller en France dans le cadre légal », a-t-il indiqué.

Il a particulièrement insisté sur la sensibilisation aux procédures légales d’accès aux études supérieures en France. « Beaucoup pensent encore qu’il faut passer par la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Ce n’est pas une bonne idée car cela expose à des risques considérables. Pour les étudiants et les chercheurs, il existe une autre voie : Campus France, qui accompagne la construction du projet d’études et facilite les démarches auprès des universités françaises », a-t-il expliqué.

Aminata Camara

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