Au terme de plusieurs semaines de rencontres entre les membres du Gouvernement et les populations maliennes, le Premier ministre a dressé le bilan des cinq années de Transition et fixé les grandes priorités de la prochaine étape. Souveraineté, sécurité, réformes institutionnelles, secteur minier, énergie et développement économique ont occupé une place centrale dans son discours de clôture.
Pour le chef du Gouvernement, Abdoulaye Maïga, ces rencontres ont constitué bien plus qu’un exercice de présentation du bilan. Elles ont été, selon lui, un moment de « redevabilité, de vérité, de responsabilité et de prospective », destiné à mesurer le chemin parcouru depuis le début de la Transition, mais également à écouter les préoccupations des populations.
Revenant sur la situation du Mali au début de la Transition, le Premier ministre a rappelé le contexte sécuritaire et institutionnel particulièrement difficile auquel le pays était confronté. Il a notamment évoqué la perte, en 2012, de plus de 70 % du territoire national au profit de groupes armés.
Face à cette situation, les autorités de la Transition auraient fait le choix de « reprendre notre destin en main », en plaçant au cœur de leur action la souveraineté, la refondation de l’État et le rétablissement de la confiance entre les institutions et les citoyens.
Cette orientation, a-t-il expliqué, s’est traduite par deux Plans d’Actions du Gouvernement, couvrant les périodes 2021-2022 et 2025-2026.
Le Premier ministre a également mis en avant l’adoption de la nouvelle Constitution en juillet 2023, qu’il présente comme marquant « un nouveau départ politique pour le pays » avec l’avènement de la IVe République.
Sur le plan économique, le secteur minier a occupé une place importante dans le bilan présenté par le Gouvernement.
Selon le Premier ministre, la relecture du Code minier, l’adoption de la loi sur le contenu local et la renégociation des conventions minières ont permis d’accroître les retombées du secteur au profit du Mali.
« Plus de 760 milliards de FCFA » ont ainsi été recouvrés auprès des sociétés minières au titre des redevances ajustées et des impôts, affirme-t-il.
Autre chiffre avancé : le Fonds minier de développement local a permis la redistribution de 18,4 milliards de FCFA au profit des communes, destinés notamment au financement de projets dans l’eau, la santé, l’éducation et les infrastructures de proximité.
Pour le chef du Gouvernement, l’objectif est désormais de transformer les ressources naturelles en véritable moteur de développement. « Pendant longtemps, l’or du Mali enrichissait davantage les autres », a-t-il déclaré, avant de défendre une nouvelle ambition fondée sur l’industrialisation, la création d’emplois et la transformation locale des matières premières.
Sur le front sécuritaire, le Premier ministre a salué la montée en puissance des Forces armées et de sécurité du Mali (FAMa), attribuée notamment au renforcement de leurs capacités opérationnelles, à l’acquisition d’équipements, à la formation et à une plus grande liberté d’action.
Selon lui, leur engagement contribue à la défense de l’intégrité du territoire national et à la sécurisation de l’espace confédéral de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Gouvernement entend parallèlement poursuivre son action diplomatique autour de la souveraineté, de l’intégration africaine et d’une coopération internationale fondée, selon le discours, sur « le respect mutuel » et « l’égalité entre les États ».
Le Premier ministre n’a pas éludé les difficultés qui continuent de peser sur le quotidien des Maliens, notamment les problèmes d’approvisionnement en carburant et les tensions dans le secteur énergétique.
Il reconnaît que ces difficultés ont « éprouvé le quotidien de nombreux ménages et de nombreuses entreprises ».
Le Gouvernement affirme avoir pris des mesures d’urgence pour sécuriser les approvisionnements et préserver les activités essentielles de l’économie. Dans le même temps, des investissements sont engagés dans les centrales solaires et les infrastructures énergétiques.
L’ambition affichée est claire : parvenir progressivement à une « souveraineté énergétique » du Mali.
Pour la prochaine étape, le Gouvernement entend accélérer la transformation structurelle de l’économie.
Parmi les priorités annoncées figurent le renforcement des investissements dans l’énergie, l’industrialisation, la transformation locale des matières premières, les infrastructures, l’éducation, la formation professionnelle, la santé et l’innovation.
L’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat national et l’autonomisation économique des femmes doivent également devenir, selon le Premier ministre, « l’un des principaux moteurs de la croissance ».
Malgré les acquis mis en avant, le Premier ministre reconnaît que plusieurs défis restent entiers.
« Nous ne cherchons ni à embellir la réalité ni à minimiser les difficultés que vivent encore de nombreux compatriotes », a-t-il affirmé.
Il cite notamment l’emploi, le coût de la vie, l’accès à l’énergie, l’amélioration des revenus, les services sociaux et le développement local.
Pour le Premier ministre, les cinq années écoulées ont principalement été consacrées à la restauration de l’État et à la reconquête de la souveraineté. La nouvelle étape doit désormais être celle du développement.
« Le temps de la restauration de l’État se poursuit. Le temps de l’accélération du développement commence », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle phase doit notamment s’appuyer sur la Vision Mali Kura 2063 et la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD 2024-2033), présentées comme le cadre devant donner une cohérence aux politiques publiques.
« Servir le Mali et notre peuple doit demeurer notre seul et unique agenda », a-t-il lancé aux membres du Gouvernement et à leurs collaborateurs, avant de les exhorter à « redoubler d’ardeur au travail ».
Siby


